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Cet article est issu du dossier «RDC : Félix Tshisekedi est-il l'artisan d'un vrai « New Deal » ?»

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Société

RDC : ambiances et tendances à Kinshasa

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Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15h27
Le Staff Tchetche, à Lemba, l’un des bars les plus en vogue.

Le Staff Tchetche, à Lemba, l’un des bars les plus en vogue. © Robert Carrubba pour JA

Florilège des looks, lieux de sortie et loisirs préférés des Kinois.

Maintenant que la parenthèse électorale est refermée et que le climat politique s’est apaisé, les quartiers chauds de la capitale ont retrouvé leur ambiance animée, où la jeunesse kinoise arbore un look vestimentaire bien à elle et qu’elle n’abandonnerait pour rien au monde. Petite barbichette, jean effet déchiré, tee-shirt, blouson et baskets blanches, comme tous les jeunes de sa génération, Patrick ne sort qu’habillé ainsi.

Exit la panoplie du célèbre « sapeur » – chemise, costume, chaussures en cuir, cravate ou lavallière – que les jeunes branchés des quartiers chics comme ceux des quartiers populaires laissent désormais aux tontons et aux papas, préférant se mettre au diapason de la mode universelle.

Les demoiselles ont aussi leur code vestimentaire. Le pagne de maman ? Seulement pour les grandes occasions, comme les fêtes familiales. Et si possible ajusté en robe moulante ou en veste structurée. La tendance est au tee-shirt et au legging noir, sur lequel on porte – ou non – une minijupe ou une tunique longue. Côté coiffure, les tresses et les perruques ont toujours les faveurs de la gent féminine. Mais le retour au naturel – entendez cheveux afro texturés, frisés ou crépus – gagne du terrain. Sous le diktat des réseaux sociaux, les tatouages et piercings ont quant à eux fait une entrée remarquée chez les jeunes des deux sexes.

La fièvre du samedi soir

Maintenant que les violences policières ne sont plus à craindre, comme en 2017 et en 2018, les bars, les terrasses et les boîtes ne désemplissent pas de 19 heures à l’aube. Les plus en vogue sont le Staff Tchetche, Température 40 et le Dos-d’âne, à Lemba ; Margareth Airways, à Mont-Ngafula ; et le Métro Bar, à Bandal. Le samedi soir, les Kinois qui n’ont pas les moyens de sortir se rattrapent avec Kin Ambiance Club (KA Club), « une discothèque chez soi, qui fait danser jeunes et vieux », indique Pakonss, réalisateur et animateur de l’émission diffusée tous les samedis, de 21 heures à minuit, sur la webradio de KA club et sur plusieurs radios à travers le pays (B-One et UFM radio, à Kinshasa ; BFR, à Goma ; RTM, à Matadi ; et même Miango FM, à Douala, au Cameroun), ainsi que sur les réseaux sociaux.

Une jeunesse au diapason de la mode universelle.

La scène musicale n’échappe pas aux changements. Une nouvelle génération de chanteurs – Robino Mundibu, DJ Dida Master, DJ Amaroula, Gaz Mawete ou encore Innoss’B – n’hésite pas à défier les têtes d’affiche que sont Fally Ipupa, Ferré Gola, Werrason, Zaïko Langa Langa et Koffi Olomidé. Et bien que le ndombolo soulève toujours les foules, une musique urbaine, mélange de R’n’B et de hip-hop, émerge. Autre nouveauté, l’apparition de maisons de production fondées par des « stars », à l’instar de Fally Ipupa, qui a lancé son label F’Victeam.

Les débats y sont très libres, et toutes les tendances politiques y sont représentées

De plus en plus passionnés de politique et actifs dans les mouvements citoyens, les jeunes Kinois aiment regarder l’émission Kiosque, diffusée sur Canal Congo télévision. « Les débats y sont très libres, et toutes les tendances politiques y sont représentées », insiste Thérèse. La jeune femme est également accro aux séries télé made in Congo, qui tendent à remplacer les pièces de théâtre. Polygamie version urbaine, corruption… Tous les sujets y sont abordés. Mais les sirupeuses novelas brésiliennes continuent à tenir en haleine filles et garçons.

En marge des paris sportifs en pleine expansion, on remarque le récent engouement des Kinois pour la marche, sous l’impulsion de l’initiative Marche Academia, ainsi que pour la gymnastique en salle, qui se développe même dans les quartiers populaires. Le football garde toutefois la préférence des jeunes garçons de 7 à 17 ans. On peut s’en rendre compte au centre d’entraînement de l’académie de football Ujana, installé près du stade Tata-Raphaël. Quelque 1 000 adhérents y tapent dans le ballon rond, sous l’œil attendri de leurs parents. Qui sait ? Leur rejeton pourrait être le futur Lema Mabidi, footballeur international congolais bien connu, qui évolue au Raja Club Athletic de Casablanca.

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