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Cet article est issu du dossier «RDC : Félix Tshisekedi est-il l'artisan d'un vrai « New Deal » ?»

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Banque

RDC : la bonne fée « américaine » de BGFIBank

L’administratrice et directrice générale de BGFIBank RDC a pris ses fonctions à Kinshasa en novembre 2018.

L’administratrice et directrice générale de BGFIBank RDC a pris ses fonctions à Kinshasa en novembre 2018. © Bunny Claude/BGFI

Il y a un an, le groupe panafricain a appelé à la rescousse Marlène Ngoyi, une spécialiste du capital-investissement formée aux États-Unis, pour mettre fin à la crise qui secouait sa filiale.

Marlène Ngoyi Mvidia possède déjà un prestigieux CV quand elle revient, en novembre 2018, s’installer en RD Congo, son pays d’origine, pour y prendre la direction de la filiale locale du groupe gabonais BGFIBank. Son entourage comprend difficilement son choix de retourner à Kinshasa, alors même que le climat politique y est lourd d’incertitudes en raison du contexte électoral.

« Je voulais mettre les mains dans le cambouis, au lieu de critiquer depuis un salon feutré de je ne sais quelle ville, explique-t-elle. Pour moi, l’objectif était de restructurer la BGFI, qui semblait prendre une mauvaise direction. »

La banque panafricaine, qui affiche le meilleur total de bilan de toute l’Afrique centrale, avait notamment vu sa réputation mise à mal à la fin de 2017 par un rapport de l’ONG américaine The Sentry, selon lequel la BGFIBank RDC aurait procédé à des transactions illicites et serait le « trésorier de bailleurs liés au Hezbollah ». Il était donc urgent pour le groupe gabonais de mettre en place une nouvelle équipe à Kinshasa en vue d’y redorer son blason.

Univers élitiste

Née à Bruxelles, Marlène Ngoyi, aînée d’une famille de cinq enfants, a passé ses jeunes années entre la Belgique, la RD Congo et le Gabon, où son père, médecin, exerçait dans un village. Après ses années de lycée en Belgique, elle poursuit ses études supérieures aux États-Unis, dans le Massachusetts, où elle suit un cursus en économie et finances à l’Université de Bentley, puis à la prestigieuse Harvard Business School, dont elle sort diplômée d’un MBA en 2009.

Marlène Ngoyi entame alors sa carrière professionnelle au sein de la banque Merrill Lynch, à New York, puis se frotte au private equity chez Reliant Equity Investors, à Chicago. En quelques années, elle se fait une place de choix dans l’univers élitiste des banques américaines d’investissement. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance pour une femme noire, africaine, francophone et âgée d’à peine 30 ans. Autant de « handicaps » qu’elle surmonte grâce à ses compétences.

Elle rejoint en 2014 le groupe BGFIBank à Libreville, en tant que directrice générale de BGFI Investment Banking. De mars 2018 jusqu’à sa nomination à Kinshasa, elle était directrice générale déléguée de BGFIBank Europe. Depuis, sous son impulsion, BGFIBank RDC a mené des réformes pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une satisfaction pour Marlène Ngoyi, même si celle-ci tarde à gagner un combat plus personnel : trouver le bon équilibre entre une vie professionnelle absorbante, rythmée par les voyages, et une vie de famille qu’elle souhaite « normale ».

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