Politique
Interview d’Idriss Déby Itno, président de la République tchadienne, par François Soudan (Jeune Afrique), le 5 juillet 2012, à N’djamena (Tchad). © Vincent Fournier/JA © Vincent Fournier/JA

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Tchad : les lignes de front d’Idriss Déby Itno

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Économie

Tchad : l’assurance, une pratique encore peu répandue

Outre les polices automobiles, obligatoires, les compagnies tentent de diversifier leurs offres : couverture en cas de maladie, de sinistre, de décès. Mais elles peinent encore à convaincre.

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Mis à jour le 20 septembre 2019 à 10:01

Les professionnels lancent des campagnes pour faire connaître de nouveaux produits. © Abdoulaye Barry pour JA

C’est un mal pour un bien, dira-t-on. Jusqu’à ce que la crise financière éclate, en 2016, le principal produit d’assurance au Tchad était l’assurance automobile, que l’État a rendue obligatoire dès 1965. À la même époque, d’autres polices liées aux secteurs de la construction et des transports devaient être exigées, mais ne l’ont jamais été dans les faits.

Face à cette situation, les compagnies du pays se sont réunies au sein de l’Association des sociétés d’assurance au Tchad (Asat) pour peser auprès des pouvoirs publics et tenter d’obtenir que les entreprises soient contraintes de souscrire des polices pour leurs chantiers de construction et leurs véhicules de transport.

Faible culture de l’assurance

Jusqu’à présent, seules les sociétés internationales se pliaient à cette exigence. Mais ces dernières années, avec la crise et l’arrêt d’importants chantiers, les assureurs ont multiplié les efforts pour proposer de nouveaux produits et, surtout, tenter de faire naître une culture de l’assurance chez les Tchadiens, particuliers comme professionnels. Des brigades de prospecteurs ont ainsi été recrutées pour démarcher les particuliers, avec pour credo que « l’assurance n’est jamais chère après le sinistre ».

Parmi les trois compagnies présentes au Tchad, La Star nationale et Saar assurances (ex-Safar) proposent une gamme d’offres sur l’ensemble des segments hors vie : automobile, dommages aux biens, transports, maladie et accidents. Quant à Star vie, qui, comme son nom l’indique, est spécialisée dans les produits d’assurance vie, elle développe aussi ses propres produits (rente éducation, épargne…). Celui qui marche le mieux reste la couverture des crédits en cas de décès, que les banques exigent désormais des fonctionnaires formulant une demande de prêt.

À l’exception de ce type de police obligatoire, comme le sont celles liées à l’automobile et, dans une moindre mesure, à la maladie (que certaines chancelleries exigent pour la délivrance de visas), la plupart des produits n’ont pas encore trouvé leur clientèle, une nouvelle fois en raison de la faible culture de l’assurance.

Opération séduction

Selon Bemba Béral, inspecteur principal au sein de La Star nationale, « l’objectif est d’améliorer les rapports entre l’autorité de tutelle et les compagnies en vue de sensibiliser la clientèle à la pratique des assurances obligatoires, mais aussi à l’intérêt de souscrire des assurances non obligatoires qui couvrent les risques du quotidien, de la famille, etc. »

Par ailleurs, « les professionnels de l’association Asat, le ministère des Finances et celui des Infrastructures étudient le projet de création d’un guichet unique pour l’assurance automobile », ajoute l’assureur qui, en mars dernier, lors du sommet de la Cemac organisé à N’Djamena, a été nommé secrétaire général permanent du système de la carte rose Cemac.

Créé à la fin des années 1990, ce dispositif d’assurance de responsabilité civile automobile accompagne le règlement de sinistres transfrontaliers afin que les victimes d’accident de circulation routière soient indemnisées rapidement.