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Cet article est issu du dossier «Les conséquences de la chute des cours du pétrole sur l'aviation privée»

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Transport aérien

Jets privés en Afrique : le pari sénégalais d’Avico

Arc-en-Ciel est basé à l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor, proche du centre de Dakar.

Arc-en-Ciel est basé à l’aéroport Léopold-Sédar-Senghor, proche du centre de Dakar. © Arc-En-Ciel Aviation

En entrant dans le capital du petit transporteur Arc-en-Ciel Aviation, l’affréteur français entend profiter du potentiel de Dakar.

En juillet dernier, l’affréteur français Avico a pris pour quelques millions d’euros 55 % du capital de la compagnie sénégalaise de vols à la demande Arc-en-Ciel Aviation, aux côtés de l’homme d’affaires sénégalais Ngadiel Kâ, présent dans les secteurs de l’hôtellerie, des mines et de l’agroalimentaire.

Peu connu du grand public, Avico, créé en 1996 par Mourad Majoul, est devenu un poids lourd de la gestion et du financement d’achat-vente d’appareils, réalisant près de 180 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018. Que ce soit au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Bénin, le français fournit chaque année des appareils pour le pèlerinage à La Mecque.

Occasion immanquable

Nuit et jour, ses sept avions (quatre A320, trois A319) peuvent aussi venir au secours de compagnies comme les trois pavillons maghrébins, South African Airways, Ethiopian Airlines, Air France, Air Côte d’Ivoire, Air Mauritius, Air Seychelles ou encore Air Madagascar…

« On a continué de louer des avions à Air Afrique jusqu’à la dernière semaine de son existence [en 2002] », se rappelle le dirigeant franco-tunisien.

Le rachat d’Arc-en-Ciel est une occasion que Mourad Majoul ne pouvait pas laisser passer. Spécialisé dans l’aviation d’affaires, les évacuations sanitaires et le fret urgent, ce petit transporteur aérien, jusque-là dirigé par un ancien pilote français, Michel Jacquot, était connu pour sa gestion saine et sa rentabilité.

Au moment de son rachat, il disposait d’une flotte de six appareils équipés de cinq à dix-neuf sièges, pour une clientèle composée principalement de compagnies d’assurances, de miniers et d’hommes d’affaires fortunés. Mais il ne misait que sur l’autofinancement. Ses ambitions s’en trouvaient donc limitées.

Mourad Majoul (Président et fondateur d’AVICO)© David Morganti

L’offre en jets d’affaires fait défaut à Dakar, fait valoir Mourad Majoul

La donne devrait changer. De plus grosses machines sont appelées à rejoindre prochainement la flotte, un Beechcraft 900 ainsi qu’un Falcon 2000 pour les vols d’affaires. « Car l’offre en jets d’affaires fait défaut à Dakar », fait valoir Mourad Majoul, qui veut que sa société se développe sur ce créneau.

En effet, un seul appareil – un Challenger 604 immatriculé à Malte – fait des rotations depuis Dakar. « La capitale ne dispose ni d’infrastructures d’accueil des passagers VIP ni de maintenance. Chacun gère l’assistance de ses vols à sa façon », déplore un bon connaisseur de la place.

Monter en puissance

En revanche, la capitale sénégalaise dispose d’un beau potentiel, notamment grâce à la découverte d’hydrocarbures au large de ses côtes. Avantage crucial pour qu’Arc-en-Ciel soit le premier à en profiter : ses avions décollent toujours de l’ancien aéroport international Léopold-Sédar-Senghor, reconverti en aéroport militaire.

L’armée, en quête de moyens supplémentaires, ne voit pas d’un mauvais œil l’encaissement des recettes versées par les petites compagnies. Et pour les clients particuliers, c’est surtout une économie de temps puisque cet aéroport se situe à l’orée du centre-ville de Dakar, alors qu’une heure de route sépare celui-ci du nouvel aéroport international Blaise-Diagne.

Cependant, Mourad Majoul ne compte pas en rester là et se verrait bien prendre en charge la gestion d’avions pour le compte de particuliers. En Europe, Avico s’occupe déjà d’une dizaine d’avions appartenant à des groupes financiers. « Il existe un petit marché ouest-africain pour l’affrètement », estime Mourad Majoul.

Ce dernier n’exclut pas par la suite de monter en puissance pour ouvrir des liaisons régionales régulières. Un segment déjà occupé par Air Sénégal et par son compatriote Transair, qui a lui aussi commencé par se frayer un chemin dans le ciel sénégalais avec des vols à la demande.

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