Entreprises & marchés

E-commerce : Alibaba cherche son sésame africain

Jack Ma va quitter ses fonctions de PDG pour se consacrer à ses Suvres philanthropiques, notamment en Afrique.

Jack Ma va quitter ses fonctions de PDG pour se consacrer à ses Suvres philanthropiques, notamment en Afrique. © HAMILTON/REA

Alibaba, le géant chinois de la vente en ligne, n’oublie pas le continent dans sa politique d’internationalisation et veut contribuer au renforcement du secteur privé local.

Le continent devrait suivre avec attention les évolutions en cours à la tête d’Alibaba, le géant chinois de l’e-commerce. En annonçant, le 10 septembre 2018, soit le jour de ses 54 ans, qu’il quitterait douze mois plus tard la présidence exécutive du groupe qu’il a créé en 1999, Jack Ma inaugurait une nouvelle phase de développement pour Alibaba, avec l’Afrique au cœur de ses ambitions.

« L’entreprise compte aujourd’hui peu d’activités sur le continent, et aucune installation en propre », prévient William Shi, conseiller en relations publiques de l’entreprise. Mais cela ne saurait durer, « vu les opportunités qui ne manqueront pas de se présenter [à Alibaba] une fois que l’Afrique sera intégrée dans la mondialisation [sic] », reprend William Shi. Le continent prendra alors toute sa place au sein de la propre politique d’internationalisation du groupe, lancée avec son introduction à Wall Street en 2014. Et c’est là que les prochaines fonctions de Jack Ma auront leur importance.

Le futur ex-patron du « plus grand bazar du monde », pour reprendre une formule employée par la presse anglo-saxonne, veut prendre de la latitude pour se consacrer à ses œuvres philanthropiques. Notamment en Afrique, où Jack Ma s’est mis en tête de renforcer le secteur privé local. Depuis 2017, plusieurs centaines de jeunes entrepreneurs du continent ont déjà été conviés à Hangzhou, siège historique d’Alibaba, pour y être formés aux technologies du Cloud System et de l’e-commerce.

Identifier les décideurs africains de demain

« L’idée est d’aider l’Afrique à réaliser son leap frog technologique », insiste Yu Bo, responsable des affaires publiques du groupe. Pour accélérer le mouvement, l’homme le plus riche de Chine veut puiser dans sa fortune personnelle (estimée à 35 milliards d’euros) 1 million de dollars chaque année pendant dix ans « afin d’identifier les décideurs africains de demain », explique encore Yu Bo. Et, accessoirement, ceux qui constitueront le réseau de PME sur lequel compte s’appuyer Alibaba pour commercialiser ses services à travers le continent.

Comme c’est actuellement le cas au Rwanda, où un premier projet d’e-commerce a vu le jour, en 2018, entre les producteurs de café, d’un côté, et les consommateurs chinois, de l’autre, à travers la plateforme alibaba.com et la chaîne de grande distribution du groupe, Hema Xiansheng.

« Les Rwandais nous assurent en approvisionnement de qualité, et nous les aidons à soigner leur image de marque et la certification de leurs produits afin d’améliorer leur marge », précise Yu Bo. Un concept de digital store qui va rapidement se généraliser à d’autres produits agricoles africains, à commencer par le poivre en grains dès les tout prochains mois.

Un œil sur Jumia

« Les pratiques de l’e-commerce sont très différentes d’un endroit à l’autre et nous avons encore beaucoup à apprendre sur l’Afrique », reconnaît William Shi, depuis Hangzhou. Jack Ma a en effet attendu 2017 pour se rendre une première fois sur le continent, prêcher la bonne parole aux jeunes entrepreneurs kényans et rwandais. Il se lie même avec Paul Kagame, « qu’il a rencontré au moins six fois depuis », comptabilise le conseiller en communication.

Signe d’une relation particulière entre les deux hommes, Jack Ma a même un moment envisagé d’installer ses premiers bureaux africains à Kigali. Avant de renoncer. « Nous préférons trouver sur place les bons partenaires », déclare Yu Bo. Les responsables d’Alibaba gardent ainsi un œil sur Jumia, la plateforme nigériane, dont l’exemple est jugé « très encourageant » à Hangzhou.

Ils surveillent également avec beaucoup d’attention l’avancée des Nouvelles Routes de la soie tracées par Pékin à travers la planète. « Nous avons un rôle à jouer, en construisant les e-roads qui alimenteront les e-hubs établis en Malaisie ou en Belgique, s’enthousiasme Yu Bo, et peut-être demain au Rwanda. »

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