BTP & Infrastructures

BTP : changement d’échelle pour le marocain Ménara Holding

Le siège de Ménara holding, à Marrakech.

Le siège de Ménara holding, à Marrakech. © DR / Ménara Holding

Le groupe de la famille Zahid, qui prépare son introduction en Bourse en 2021, vient d’implanter deux de ses filiales à Abidjan et s’apprête à se lancer dans le sud du royaume.

En annonçant, à la fin de mai, l’introduction en Bourse en 2021 de Ménara Préfa, sa principale filiale, et l’implantation du groupe en Côte d’Ivoire, Ménara Holding s’est placé sous le feu des projecteurs. Le groupe marrakchi – une dizaine de filiales; 1,3 milliard de dirhams (121 millions d’euros) en 2018 de CA et 1 600 salariés –, présidé par Mohamed Zahid, était jusque-là très discret. Grâce à Ménara Préfa (dalles, agglo, plancher, béton prêt à l’emploi…), ce holding familial est le leader des matériaux préfabriqués avec 60 % de part de marché au Maroc, où il fait face à des concurrents comme LafargeHolcim, Bétomar ou Socodam Davum.

Il ambitionne désormais de se déployer en Afrique de l’Ouest à partir d’Abidjan. Outre cette implantation, le groupe y a aussi créé une filiale de sa société, spécialisée dans la gestion des carrières et la production de granulats, Carrières Transport Ménara (CTM), dans une logique d’intégration horizontale chère au fondateur, feu Abderrahmane Zahid. Ces deux entreprises sont les locomotives du groupe et gérèrent 85 % du CA global.

Un chiffre d’affaires de 2 milliards de dirhams en 2020

Dans la nouvelle structure qui porte les activités ivoiriennes, Ménara Holding reste majoritaire mais s’est associé à deux sociétés locales, dont SHM, d’Abdoulaye M’Bengue. « C’est une alliance qui offre de belles perspectives dans le secteur de la promotion immobilière », nous explique Mohamed Ait Benzaiter, directeur général, présenr depuis plus de vingt ans dans le groupe. Une enveloppe d’investissement de 30 millions d’euros a été débloquée pour le début de l’aventure. La construction d’une usine sur une vingtaine d’hectares débutera en 2020, et les dirigeants sont en négociation pour exploiter des carrières. À moyen terme, la Côte d’Ivoire servira de hub pour cibler le Sénégal.

Autodidacte, Abderrahmane Zahid, disparu en 2016, a commencé en transportant des marchandises dans les années 1970, puis des matériaux, avant d’exploiter des carrières à partir de 1989. Avec la création de Ménara Préfa en 2002, le groupe va multiplier son CA par six en un peu plus d’une décennie.

Dès 2006, le fondateur consolide toutes ses activités au sein d’un holding. Ainsi structuré, Ménara devient fournisseur des chantiers d’Addoha, de Palmeraie Développement ou de la SGTM, de Vinci et de Bouygues, sans oublier les nombreuses commandes d’OCP. Le portefeuille clients comprend plus de 1 800 comptes. Le groupe table sur 2 milliards de dirhams de CA en 2020, avec un taux de marge de 5 % à 6 %, contre 2 % à 3 % en moyenne pour les autres acteurs du secteur.

Une expansion dans tout le royaume

S’il s’est longtemps concentré sur deux régions du Maroc (Marrakech Safi et Béni-Mellal Khénifra), il souhaite, parallèlement à son expansion internationale, mieux couvrir le royaume. Une usine spécialisée dans le béton prêt à l’emploi verra le jour d’ici à 2021 à Laayoune. L’investissement global dépassera les 300 millions de dirhams.

Les régions de l’Oriental et de Draa-Tafilalet intéressent aussi le holding, notamment pour accompagner l’Onee dans ses projets de centrales solaire et éolienne. Mais c’est à Casablanca que Ménara va ériger sa vitrine : 35 ha regroupant toutes ses filiales. La construction débutera en 2022. Trois à cinq années de travaux seront nécessaires pour bâtir ce projet estimé à plus de 1 milliard de dirhams. Une feuille de route ambitieuse, qui sera proposée aux investisseurs en 2021 par la banque d’affaires Upline (filiale de Banque populaire) pour l’introduction en Bourse de Ménara Préfa. Si les modalités ne sont pas fixées, la famille Zahid entend bien rester majoritaire.


Conseil de famille

« C’est l’une des successions familiales les plus abouties du pays », estime le patron d’une banque d’affaires marocaine. Après la mort du fondateur, son fils Mohamed Zahid a pris les commandes avec l’aval de son clan. Les Zahid ont ajouté dans l’organigramme un « conseil de famille » pour unifier leurs voix. Il est présidé par Mohamed lui-même, et composé de sa mère, son frère et ses deux sœurs. Il valide toutes les orientations stratégiques avant qu’elles ne soient soumises au conseil d’administration.

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