Musique

Musique : Ballaké Sissoko et son chœur de koras

Ballake Sissoko (Mali), lors de l’enregistrement de l’orchestre de dix koras sous sa direction, au studio Bogolan de Bamako. 2015 - Photo Sebastien Rieussec pour JA

Ballake Sissoko (Mali), lors de l’enregistrement de l’orchestre de dix koras sous sa direction, au studio Bogolan de Bamako. 2015 - Photo Sebastien Rieussec pour JA © Sebastien Rieussec pour JA

Ballaké Sissoko, koriste malien, a décidé de transmettre sa passion à de jeunes musiciens de Bamako. L’ensemble Ballaké Orkestra prépare un premier album et une tournée.

«Un ensemble de neuf koras, c’est unique au monde ! » assure l’un des organisateurs du festival de Fès des musiques sacrées du monde avant de céder la place à l’ensemble Ballaké Orkestra. Sur une scène créée pour l’occasion, au cœur du jardin Jnan Sbil – poumon vert de la ville –, les jeunes musiciens de Bamako, sous la direction de Ballaké Sissoko, ont fait vibrer les 189 cordes de leurs « harpes royales » de l’Empire mandingue devant un public venu en nombre malgré un soleil de plomb.

À 52 ans, Ballaké Sissoko est à l’image de sa musique : sobre, modeste et passionné. Ce virtuose originaire de Bamako perpétue en effet une longue tradition musicale. La passion pour la kora est, pour lui, une histoire de famille. Issu d’une lignée de djeli (griots), il est le fils de Djelimady Sissoko, célèbre pour avoir popularisé cet instrument à cordes d’Afrique de l’Ouest. « J’étais très mauvais à l’école et passionné par la musique. J’ai donc décidé d’apprendre la kora à la maison », se souvient l’autodidacte.

« Sortir leurs instruments de leurs cavernes »

Son destin bascule lorsqu’il a 13 ans, son père mourant alors prématurément. L’aîné de la famille intègre l’Ensemble instrumental du Mali, avec lequel il restera neuf ans. L’acquisition de ce statut de fonctionnaire lui permet ainsi de subvenir aux besoins des siens. En deux décennies, il devient une icône de la musique malienne, signant plus d’une dizaine d’albums.

Il est très difficile de vivre de son art en Afrique, en particulier au Mali

Le plus célèbre d’entre eux, Chamber Music, réalisé avec le violoncelliste Vincent Segal, a même été désigné par la principale radio publique américaine (NPR) comme l’un de ses albums préférés de 2011. Depuis, celui qui se dit « heureux sur scène » ne cesse de voyager et d’inciter les jeunes musiciens à faire « sortir leurs instruments de leurs cavernes ».

Mélodies variées

C’est dans cette optique que le musicien chevronné a décidé de transmettre à une vingtaine de jeunes musiciens de Bamako sa passion pour cet art né à l’époque médiévale. « Je les considère comme mes enfants, confie l’artiste, qui s’est engagé pour le continent. Aujourd’hui, il est très difficile de vivre de son art en Afrique, en particulier au Mali. » Depuis sept ans, l’ensemble Ballaké Orkestra apprend à manier cette harpe mandingue à 21 cordes.

Les mélodies ne sont pas les mêmes selon les pays

Des cordes à l’unisson, en duo ou en solo, qui rappellent l’inépuisable richesse des mélodies maliennes, ivoiriennes ou sénégalaises. « Les mélodies ne sont pas les mêmes selon les pays, rappelle Ballaké Sissoko. Chaque région possède son propre langage. » De quoi élargir le spectre de la kora du XXIe siècle et faire davantage « connaître l’Afrique » à travers le monde.

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