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Cet article est issu du dossier «Niger : passage de témoin»

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Saley Seybou, président du Conseil national du patronat du Niger : « Tout reste à faire dans ce pays »

Saley Seybou, président du Conseil national du patronat (CNP) du Niger

Saley Seybou, président du Conseil national du patronat (CNP) du Niger © François-Xavier Freland pour JA

Pour le président des patrons du Niger, la concurrence avec les multinationales n’est pas équitable même en dépit du faible coût de la main d’œuvre nationale.

Jeune Afrique : Comment se porte le milieu de l’entreprise au Niger, notamment après la tenue du sommet de l’Union africaine dans la capitale ?

Saley Seybou : Cet événement a été l’occasion de se pencher sur la création de la zone de libre-échange continentale, qui doit faciliter les échanges entre les différents pays africains. Au CNP, nous essayons de mobiliser les acteurs privés sur ces questions, avec une attention toute particulière portée à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Nous tentons de soutenir au maximum les secteurs industriel, minier et agricole. Et d’améliorer l’environnement des affaires… La globalisation fragilise parfois nos entreprises. Nous faisons face à une concurrence qui n’est pas équitable.

Pour quelles raisons ?

Nous sommes confrontés à des problèmes de transport, d’énergie et de coûts de production qui ne nous permettent pas d’être compétitifs par rapport aux multinationales étrangères, même si le coût de notre main-d’œuvre n’est pas élevé. L’attribution des marchés ne bénéficie pas aux PME, parce que les grandes infrastructures et les prestations de service qui leur sont liées ne sont pas réalisées par des entreprises nigériennes.

Comment faire évoluer les choses ?

Le Niger a d’énormes ressources minières et agricoles, mais les développements dans ces secteurs sont restés très limités depuis l’indépendance. Tout reste à faire dans ce pays, il faut tout améliorer, du système fiscal aux infrastructures qui permettent de diminuer les coûts de transport ou d’améliorer la production énergétique pour éviter les longs délestages préjudiciables à la production. Et la corruption reste un problème, malgré les progrès enregistrés lors des procédures administratives. Ces différents dossiers constituent d’ailleurs les principaux axes du Plan stratégique 2019-2023, que nous venons de publier.

Comment soutenez-vous concrètement les jeunes chefs d’entreprise ?

Nous accompagnons les jeunes investisseurs dans leurs projets en organisant diverses formations. Nous les aidons à trouver des stages. Nous les accompagnons, en luttant à notre niveau contre la cooptation ou le favoritisme. Pour que chacun puisse avoir sa chance dans ce pays.

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