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Alassane Ouattara, lors des élections locales, le 13 octobre. © SIA KAMBOU/AFP

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Côte d’Ivoire : la dernière ligne droite

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Politique

Présidentielle en Côte d’Ivoire : vers un retour de la limite d’âge ?

La réintroduction dans la Constitution d’une limite d’âge pour briguer la présidence, évoquée par Alassane Ouattara, pourrait empêcher la propre candidature du chef de l’État, comme celle d’Henri Konan Bédié et de Laurent Gbagbo.

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Par - à Abidjan
Mis à jour le 11 septembre 2019 à 12:30

Un électeur signe devant des assesseurs, en 2010. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

L’hypothèse de réintroduire dans la Constitution une limite d’âge pour briguer la magistrature suprême est évoquée par Alassane Ouattara depuis plus d’un an. Si elle était entérinée, cette décision devrait être approuvée par les deux tiers de l’Assemblée nationale et du Sénat réunis en Congrès, au moins six mois avant la présidentielle d’octobre 2020. Selon l’âge limite imposé, 75 ou 80 ans, cela aurait pour conséquence d’empêcher la propre candidature du chef de l’État (77 ans), comme celle d’Henri Konan Bédié (85 ans) et de Laurent Gbagbo (75 ans en mai prochain).

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Selon nos sources, Alassane Ouattara n’a pas encore totalement arrêté sa décision. « Rien n’est encore tranché, explique l’un de ses vieux amis. Il hésite. D’un côté, il estime qu’il pourrait faire un bon coup politique. De l’autre, il ne veut pas que cela soit seulement perçu comme une mesure anti-Bédié. » C’est d’ailleurs ce qu’il a laissé entendre lors de son intervention télévisée du 6 août. « Il est clair qu’il y a des choses qu’il faut modifier dans la Constitution, mais ce n’est pas pour recaler des candidats. Non. »

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Cette modification constitutionnelle pourrait être accompagnée d’une nouvelle loi électorale. L’introduction d’un parrainage obligatoire ainsi qu’une hausse de la caution nécessaire à la validation des candidatures – elle est actuellement de 20 millions de F CFA (environ 30 500 euros) – sont évoquées. Le parrainage pourrait venir d’élus ou être populaire, comme au Sénégal, où il faut recueillir la signature de 53 000 citoyens, répartis dans au moins sept régions du pays.