Politique

Israël-Palestine : « La dynamique est celle d’une nouvelle confrontation violente »

Des Palestiniens célèbrent la réconciliation entre le Hamas et le Fatah en Égypte, le 12 octobre 2017 à Gaza.

Des Palestiniens célèbrent la réconciliation entre le Hamas et le Fatah en Égypte, le 12 octobre 2017 à Gaza. © Khalil Hamra/AP/SIPA

Alors qu’Israël continue de se « droitiser », les jeunes Palestiniens, en rupture avec l’ancienne génération, estiment que la violence peut leur apporter des gains politiques. Quelques jours avant les élections législatives israéliennes, le politologue Khalil Shikaki revient sur les enjeux du scrutin.

À une semaine des élections législatives, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a promis mardi d’annexer une partie de la Cisjordanie occupée. Destinée à son électorat de droite, cette promesse pourrait anéantir « toute chance de paix », selon les Palestiniens. Pour Khalil Shikaki, directeur du Centre palestinien de recherche politique et de sondage, « cette dynamique risque de mener tout droit à une explosion régionale ».

Jeune Afrique : Qu’attendent les Palestiniens de ces législatives, prévues le 17 septembre ?

Khalil Shikaki : La plupart considèrent que ce scrutin ne va pas changer grand-chose. Ils ne font pas de différence entre Benyamin Netanyahou et son principal opposant, Benny Gantz, sur la question des colonies et de l’occupation. L’élite palestinienne est plus subtile. Elle croit qu’un éventuel gouvernement israélien de centre gauche ravivera l’espoir d’une solution à deux États. Mais cette élite, en perte de vitesse depuis vingt ans, ne représente qu’un quart de la population.

Les Palestiniens ont-ils changé d’approche à l’égard du conflit ?

Aujourd’hui, le pessimisme a pris le dessus, et une nouvelle confrontation se profile. Les jeunes Palestiniens pensent que la violence peut leur apporter des gains politiques et sont en rupture avec l’ancienne génération encore traumatisée par les années noires de la deuxième Intifada. Ils sont prêts à payer le prix d’une lutte qui changera la réalité sur le terrain et prônent l’établissement d’un État binational dans lequel ils exerceraient pleinement leurs droits.

À quoi faut-il s’attendre ?

La tendance, c’est qu’Israël continue de se droitiser. Les colons ont de plus en plus de poids, et l’annexion de la Cisjordanie est une réelle perspective dans les deux ans à venir à cause du soutien de l’administration Trump [Benyamin Netanyahou a promis mardi d’annexer la vallée du Jourdain, qui représente environ 30% de la Cisjordanie, s’il est réélu, ndlr]. Le « deal » de cette dernière va être rejeté par la direction palestinienne, et Israël pourrait s’en servir comme alibi pour accaparer plusieurs zones sous son contrôle. Cette dynamique risque de mener tout droit à une explosion régionale.

Gaza est-il un cas à part ?

Israël ne veut pas de la bande de Gaza. Mais le blocus imposé à ce territoire ne fait qu’alimenter les conditions de la prochaine guerre. En Cisjordanie, la communauté internationale tente depuis des années de jeter les bases d’un État palestinien. À Gaza, les acteurs régionaux tentent surtout d’éviter un désastre humanitaire. C’est aussi l’intérêt des Israéliens.

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