Politique

Mali : dix choses à savoir sur Cheick Sidi Diarra

Cheick Sidi Diarra, en Turquie, le 9 mai 2011.

Cheick Sidi Diarra, en Turquie, le 9 mai 2011. © Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Depuis juin, ce diplomate de 62 ans préside le Comité d’organisation du dialogue politique, censé déboucher sur des réformes institutionnelles au Mali.

• Ségou 

Il est issu d’une vieille famille de Ségou. Son père, Moussa Diarra, commis de l’administration coloniale, fut accusé de régionalisme par Modibo Keïta, le président de l’époque, et déporté à Kidal en 1962. C’est dans cette ville du Nord que Cheick Sidi Diarra, né cinq ans plus tôt à Kayes, fera ses études primaires.

• Club des cinq

Les cinq frères Diarra constituent un clan influent au Mali. Parmi eux, Sidi Sosso, qui fut vérificateur général, et Cheick Modibo, astrophysicien, homme politique et président de Microsoft Afrique. Les membres de la fratrie qui résident à Bamako se réunissent les premiers dimanches de chaque mois.

• Ambassades

Titulaire de deux maîtrises de l’Université de Dakar, l’une en droit international public, l’autre en relations internationales, Diarra devient ambassadeur du Mali en Algérie (1993-2003), puis à l’ONU (2003-2007) et, enfin, conseiller spécial de Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies (2008-2012).

• Bhoutan

Dans le cadre de ses fonctions onusiennes, il s’est rendu en Mongolie, au Bhoutan, en Papouasie - Nouvelle-Guinée… « Recueillir les préoccupations de populations avec lesquelles l’éloignement culturel est si grand a été une expérience très émouvante », confie-t-il.

• Patriote 

En janvier 2013, alors que son pays est dans la tourmente et que l’armée française est sur le point d’intervenir, Diarra rentre à Bamako avec son épouse et leurs deux enfants.

Cheick Sidi Diarra est le fondateur du mouvement Anw Bè Faso Do, créé pour « dénoncer la mauvaise gouvernance et proposer des solutions pour le retour de la stabilité au Mali »

• Opposant

Il est le fondateur du mouvement Anw Bè Faso Do (« c’est notre patrie à tous »), créé pour « dénoncer la mauvaise gouvernance et proposer des solutions pour le retour de la stabilité au Mali ». Également membre du Front pour la sauvegarde de la démocratie, il soutient Soumaïla Cissé lors de la présidentielle de 2018.

• « Vieux Sages »

En juin, Ibrahim Boubacar Keïta, le chef de l’État, a désigné trois facilitateurs pour conduire le dialogue national : Baba Akhib Haïdara, le médiateur du Mali, Ousmane Maïga, l’ancien Premier ministre, et Aminata Dramane Traoré, essayiste et militante altermondialiste. Cheick Sidi Diarra s’est vu, lui, confier la présidence du comité d’organisation.

• Avant-projet

Les facilitateurs sont allés à la rencontre de nombreux partis politiques, syndicats, associations, chefs religieux… Une synthèse de leurs contributions sera présentée à la mi-septembre, à l’occasion d’un « atelier de validation ». « Les principales préoccupations sont la sécurité, l’alimentation, la scolarisation des enfants, la crise sociale, la question des institutions et la mauvaise gouvernance », précise Diarra.

• Lignes rouges

S’il souhaite un dialogue « ouvert à tous et sans tabous », Diarra avertit que la laïcité et l’intégrité du territoire ne sauraient en aucun cas être remises en question. Les participants s’engagent à mettre en œuvre les réformes ainsi que l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger (2015).

• Huile dans les rouages

Plusieurs partis et organisations de la société civile rejettent déjà le futur dialogue, invoquant « la défense de la Constitution et de l’unité nationale ». Si Diarra, qui n’appartient à aucune formation, n’a pas toujours été, dit-il, « l’ami du système en place », il espère que son expérience de diplomate mettra de l’huile dans les rouages.

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