Politique

RDC : qui sont les nouveaux ministres du gouvernement de Félix Tshisekedi ?

Félix Tshisekedi brandissant la Constitution congolaise, le jour de son investiture à la présidence de la République.

Félix Tshisekedi brandissant la Constitution congolaise, le jour de son investiture à la présidence de la République. © AP Photo/Jerome Delay

Plus des trois quarts des ministres le sont pour la première fois. Mais chaque nomination a été âprement discutée.

Le PPRD aux postes clés

• José Sele Yalaghuli, ministre des Finances (PPRD)

Comme l’opposant Jean-Pierre Bemba, c’est un Ngbaka de la province de l’Équateur. Né en 1968, il est cadre du PPRD et très proche d’Emmanuel Shadary, pour qui il a battu campagne lors de l’élection présidentielle. Il a évolué pendant près de quinze ans dans le sillage du Premier ministre Matata Ponyo Mapon, son parrain politique. Ses proches le décrivent comme un cadre discret, méticuleux et compétent.

• Célestin Tunda ya Kasende, vice-Premier ministre et ministre de la Justice (PPRD)

Secrétaire général adjoint du PPRD chargé des questions politiques et des relations extérieures depuis mai 2015, vice-ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Matata I, cet avocat originaire de la province du Lomami fait partie des fondateurs du PPRD. Il récupère un poste éminemment stratégique, auquel Kabila n’était pas prêt à renoncer et pour lequel certains des proches de l’ancien président avaient été suggérés, mais recalés par le camp adverse.

•  Willy Kitobo Samsoni, ministre des Mines (PPRD)

Ancien ministre provincial des Mines dans l’ex-Katanga, où il est très respecté, cadre du PPRD et professeur à l’université de Lubumbashi, il hérite d’un portefeuille crucial dans un pays où l’économie dépend majoritairement du secteur extractif – plusieurs proches de Kabila y ont des intérêts. Ce poste a été attribué pendant douze ans à Martin Kabwelulu, cadre du Parti lumumbiste unifié (Palu), et Kabila tenait à ce qu’il revienne au PPRD.

Un trio de fidèles

• Gilbert Kankonde, vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur (UDPS)

Ce portefeuille, stratégique dans la perspective des élections générales de 2023, c’était l’objectif principal du Cach, celui pour lequel la coalition de Tshisekedi était prête à tous les sacrifices ou presque. Il revient au Kasaïen Gilbert Kankonde, 66 ans. Ancien assistant d’Étienne Tshisekedi, dont il a été très proche, c’est un intime de la famille plus qu’un pilier du parti, même si Félix Tshisekedi l’avait nommé secrétaire national aux relations extérieures de l’UDPS. Le chef de l’État lui accorde une totale confiance.

• Jean Baudouin Mayo Mambeke, vice-Premier ministre, ministre du Budget (UNC)

Numéro deux de l’UNC, dont il est le secrétaire général, c’est l’une des personnalités les plus influentes du parti de Vital Kamerhe. Il est aussi réputé pour son franc-parler. En décembre 2016, il avait publiquement reproché à Kamerhe de n’avoir fait entrer dans le gouvernement d’ouverture de Samy Badibanga que des membres de l’UNC originaires, comme lui, de l’est de la RD Congo, l’accusant « de jouer un rôle égoïste ». Kamerhe ne lui en a pas tenu rigueur : originaire de l’ex-Bandundu, député de la circonscription de Kinshasa-Mont Amba, Mayo est le garant d’un certain équilibre géographique au sein du parti. Il était le seul membre de l’UNC parmi les négociateurs du Cach.

• Aimé Ngoy Mukena, ministre de la Défense (FCC)

Ce n’est pas à proprement parler un poids lourd de l’ancienne administration, mais cet ancien gouverneur du Katanga (de 2001 à 2004) demeure un élément clé du système de l’ancien président. Éphémère ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants entre décembre 2014 et septembre 2015, il se voit ensuite confier le stratégique portefeuille des Hydrocarbures dans le gouvernement Matata Ponyo. Influent dans l’ex-Katanga, la province de l’ex-chef de l’État et où il possède certaines connexions dans les milieux sécuritaires, il avait été au cœur d’une polémique en 2015 après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il affirmait avoir aidé Kabila à se « construire » une image de Katangais et être à l’origine du surnom Kabange.

L’indéboulonnable

• Azarias Ruberwa, ministre de la Décentralisation (FCC)

Azarias Ruberwa, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016.

Azarias Ruberwa, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. © John Bompengo/Radio Okapi

Avocat au barreau de Lubumbashi, originaire du Sud-Kivu, il est l’un des rares caciques du camp Kabila à rester au gouvernement (il est reconduit à la Décentralisation, maroquin qui lui a été confié en 2016). Membre fondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), dont il est, au début des années 2000, la principale figure, il fait partie des quatre vice-présidents nommés en 2003. Candidat en 2006, il ne glane que 1,7 % des suffrages. Depuis, il a appris à naviguer dans le marigot congolais, toujours proche de Kabila – dont il a l’oreille – et sans jamais s’exposer outre mesure. Il est le seul négociateur du FCC à hériter d’un maroquin.

Les femmes

• Marie Tumba Nzeza, ministre des Affaires étrangères (UDPS)

C’est le nouveau visage de la diplomatie congolaise. Militante de la première heure de l’UDPS, très impliquée pendant la conférence nationale en 1990, elle avait pris le secrétariat général adjoint du parti aux Affaires étrangères en mai 2018 à la demande de Félix Tshisekedi. Elle hérite d’un ministère âprement disputé au sein du Cach, dont il était initialement prévu qu’il revienne dans l’escarcelle de l’UNC, laquelle réclamait des portefeuilles clés pour compenser la perte de la primature – qui lui avait été promise.

L’ancien beau-frère de Kamerhe, Aimé Boji, avait été pressenti, mais Marie Tumba Nzeza lui a été préférée. Parmi les 17 % de femmes qui figurent au gouvernement, c’est elle qui occupe le portefeuille le plus important.

• Néné Nkulu Ilunga, ministre de l’Emploi et du Travail (FCC)

Cadre de l’AFDC-A depuis sa création, elle était secrétaire adjointe du parti jusqu’à la scission avec la frange de Modeste Bahati Lukwebo. Ancienne vice-gouverneure de la province du Haut-Lomami (né du découpage du Katanga), réélue députée en 2018 et porte-parole du groupe parlementaire AFDC-A à l’Assemblée, elle est aussi la chef de file des frondeurs. Dans l’entourage de Bahati Lukwebo, on lui prête une proximité avec certains caciques du système Kabila, dont Kalev Mutond. Elle est de la famille de Norbert Nkulu, un temps conseiller de l’ex-président.

Les jeunes

• Billy Kambale, ministre de la Jeunesse et de la Nouvelle Citoyenneté (UNC)

Très actif sur Twitter, où il cumule plus de 52 000 abonnés, ce trentenaire est l’un des protégés de Kamerhe, avec qui il partage des attaches dans l’Est. Président de la ligue des jeunes de l’UNC, il a été candidat à la députation nationale à Goma.

• Yves Bonkulu Zola, ministre du Tourisme (UDPS)

Président de la ligue des jeunes de l’UDPS, il représente le Kongo-Central au sein du gouvernement. Médecin de formation (il a commencé son engagement politique à l’université de Kinshasa), il devient, à 35 ans, l’un des benjamins du gouvernement.

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