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Sécurité

Congo-Brazzaville – Euloge Landry Kolélas : « La cohésion sociale est restaurée »

Euloge Landry Kolélas, Ministre, haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants (HCREC)

Euloge Landry Kolélas, Ministre, haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants (HCREC) © DR

Euloge Landry Kolélas, ministre, haut-commissaire à la réinsertion des ex-combattants (HCREC), répond aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique: Quels sont les axes de travail identifiés pour pacifier durablement le Pool ?

Euloge Landry Kolélas : Les actions entreprises jusqu’à présent dans le département s’inscrivent dans le cadre du projet « consolidation de la paix dans le Pool », couramment appelé PBF [Peacebuilding Fund], dont la vocation principale est de poser les conditions d’un bon démarrage du Programme de désarmement, démobilisation et réintégration [PDDR], de façon que ce processus soit engagé, selon les normes internationales, à travers des activités de réinsertion.

Les deux autres grands enjeux du projet portent sur l’engagement d’un dialogue inclusif sur les plans local – communes et districts –, départemental et national, ainsi que sur la promotion des droits humains, à travers des actions de sensibilisation et de formation de toutes les parties prenantes.

Qu’attendre du PDDR ?

La spécificité majeure de ce programme est la réintégration, qui passe par une approche communautaire durable, contrairement à la réinsertion, qui n’est qu’une étape transitoire, limitée à la prise en charge des besoins urgents des ex-combattants.

L’opération de désarmement a permis le ramassage de près de 8 000 armes et le profilage de 5 665 ex-combattants, selon moi, le bilan est satisfaisant

Le PDDR a quatre objectifs. D’abord le désarmement des 7 500 ex-combattants et la destruction de leurs armes. Ensuite, la réinsertion de 10 000 personnes [les ex-combattants, 1 250 personnes qui leur sont associées et 1 250 membres des communautés d’accueil] à travers des activités à haute intensité de main-d’œuvre [Himo].

Troisièmement, la réintégration de 20 000 personnes [les 10 000 déjà citées et 10 000 autres au sein des communautés d’accueil] grâce à une approche communautaire. Enfin, le PDDR prend en charge des aspects transversaux – égalité de genre, jeunes, groupes aux besoins spécifiques – handicapés moteurs ou psychiques, blessés de guerre, etc. –, prévention et traitement du sida, protection de l’environnement…

Quel bilan peut-on faire de l’opération de désarmement ?

Cette opération conduite par la Commission ad hoc mixte paritaire [Camp, issue de l’accord de paix de décembre 2017], à laquelle le HCREC a pris part, a permis le ramassage de près de 8 000 armes et le profilage de 5 665 ex-combattants. Selon moi, le bilan est satisfaisant, car la paix et la cohésion sociale sont restaurées, et la libre circulation des personnes et des services est garantie.

Où en sont les relations avec les ex-combattants ?

Globalement, elles sont à la fois simples, bonnes et apaisées, étant donné qu’ils sont associés à toutes les activités menées par le Haut-Commissariat dans le cadre du processus de pacification. Par exemple, ils sont représentés au sein des comités locaux de dialogue et de réconciliation mis en place lors des plateformes d’échanges intracommunautaires.

Quant au pasteur Ntumi, en tant que partie prenante de l’accord du 23 décembre 2017, il reste ipso facto un partenaire de la paix et participe donc à l’ensemble de nos activités à travers ses représentants, au sein de la Camp, des comités locaux de dialogue, etc.

En quoi consistent les chantiers lancés au début d’août dans le cadre du PBF ?

Ces travaux de réhabilitation des infrastructures de base du département, engagés avec l’appui des Nations unies, constituent un bon format pour la réinsertion, mais aussi pour la réconciliation des ex-­combattants avec les populations. Ils concernent des pistes dans divers districts, la maternité de Kindamba, le centre de santé de Loukouo, etc. Cependant, ces chantiers ne sont qu’une étape transitoire, qui doit déboucher sur la réintégration, gage d’un véritable développement socio-économique du département.

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