Tourisme

À Paris, le Sape Bar veut s’imposer comme le nouveau QG chic de la diaspora

Le Sape Bar, à Paris.

Le Sape Bar, à Paris. © Sape Bar/Instagram

Résolument afro mais animé par une équipe internationale, cet établissement entend montrer un Paris toujours plus cosmopolite.

Logé dans un hôtel de standing, ce cock­tails-club accueillant des voyageurs cosmopolites pourrait bien devenir le QG des Africains de passage dans la capitale. Dans la boutique de souvenirs, les tee-shirts « I love Paris » ont laissé place aux maillots en wax de Maison Château Rouge.

Les traditionnels plans de la capitale, eux, ont été troqués contre des « City Guides » de bonnes adresses afro (éd. Little Africa, 2019), et des beaux livres, comme Portraits of the Gare du Nord (Visto, 2018).

C’est d’ailleurs dans cet ouvrage signé Alex Toledano, un New-Yorkais passionné par le 10e arrondissement, que l’identité de l’hôtel faisant face à l’édifice de l’imposant réseau ferroviaire puise son origine. Parmi les quinze portraits de personnalités locales brossés dans le livre : Jocelyn Armel, l’un des chefs de file de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes à Paris.

« Montrer un Paris plus cosmopolite »

« Nous avons voulu nous rapprocher de la culture africaine de manière respectueuse. Et montrer un Paris différent, plus cosmopolite » assure  Xavi Vega

Toujours tiré à quatre épingles, le gérant du magasin Sape & Co, situé à deux stations de métro, a marqué le Sape Bar de son empreinte. Au premier niveau de cet établissement de six étages, les derbys parfaitement lustrés du dandy se retrouvent exposés en vitrine, tels des objets de collection. Des œuvres d’art faisant écho à la sapologie et à ses acteurs ont été chinées par le Congolais pour habiller l’espace.

Parmi elles, des vinyles d’ambassadeurs de la rumba comme feu Papa Wemba, qui plane sur les lieux en son et en images. « Nous avons voulu nous rapprocher de la culture africaine de manière respectueuse. Et montrer un Paris différent, plus cosmopolite », assure le directeur général de l’hôtel, Xavi Vega, Italien exilé à Paris.

Éclectisme détonnant

Cet éclectisme culturel détonnant commence donc au sommet de la hiérarchie, où Latins et Germaniques travaillent de concert. Le fondateur de ce groupe hôtelier 4 étoiles est allemand et dirige 13 établissements répartis en Europe et aux Émirats. Un melting-pot que l’on retrouve aussi dans la décoration.

Les banquettes recouvertes de l’évident tissu à imprimés hollandais viennent tutoyer des coussins à tendance kollywoodienne, en référence à l’industrie du film tamoule et à sa diaspora. Mais l’Afrique reste le fil rouge du bâtiment. Où même les 237 chambres (de 140 à 180 euros la nuit) ont été « pimpées » d’objets déco fabriqués sur le continent, comme l’iconique poupée Clonette.

Dans ce quartier populaire qui regorge d’institutions afro, le patron n’en démord pas : la clientèle africaine se reconnaît dans le concept, et le lieu attire businessmen et touristes. Pourtant, cet après-midi-là, il n’y a pas grand monde. Inauguré au début 2019, il faudra sans doute encore un peu de temps avant que ce repaire afro trouve complètement sa cible.

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