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Culture

Congo-Brazzaville : le patrimoine monte en gamme grâce à de nouveaux musées

Le Musée du Cercle africain de Pointe-Noire a été inauguré début décembre 2018.

Le Musée du Cercle africain de Pointe-Noire a été inauguré début décembre 2018. © Capture YouTube D.Ribeiro

De nouveaux musées ont ouvert ces derniers mois au Congo-Brazzaville, permettant de valoriser le patrimoine du pays.

Cela a pris du temps et en demandera encore, mais les choses commencent à bouger en matière de conservation et de valorisation du patrimoine. En décembre 2018, Pointe-Noire a inauguré son Musée du Cercle africain, le premier musée de la ville, dont il retrace l’histoire. Il présente des objets d’art traditionnel ainsi que des œuvres de plasticiens et de peintres contemporains. Parrainé par l’Unesco, il est né d’un partenariat entre la major italienne Eni et l’État congolais, qui assure la gestion de l’établissement et de son personnel.

En août 2018, à 25 km de là, c’est le Musée Mâ Loango de Diosso qui ouvrait les portes d’un tout nouveau bâtiment grâce, cette fois, au financement de Total. Il permet d’accueillir dans de meilleures conditions le patrimoine culturel du royaume vili, jusqu’alors exposé dans l’ex-demeure fort délabrée du roi (mâ) de Loango, qui était le seul musée du pays depuis la fermeture de celui de Brazza.

150 pièces consacrée aux rituels du kiebe-kiebe

En même temps que ce nouvel établissement, une stèle de 6 m de haut était inaugurée sur l’ancien port d’embarquement des esclaves de Loango. Le point de départ d’un projet de mémorial annoncé en 2014. « Ce sera un grand complexe, auxquels nous souhaitons associer d’autres États et où nous allons raconter l’histoire de l’esclavage. Nous avons eu des propositions d’architectes, il nous faut trouver des financements », souligne Lydie Pongault, conseillère à la Culture du président de la République.

En mars 2017, c’est le musée Kiebe-Kiebe qui était inauguré dans la Cuvette (Nord), sur le domaine présidentiel de N’Gol’Odoua, près d’Édou, le village natal de Denis Sassou Nguesso. Créé à l’initiative de ce dernier, le musée présente une collection de plus de 150 pièces consacrée aux rituels du kiebe-kiebe, danse initiatique ancestrale et endémique des départements des Plateaux, de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest.

« Le Musée national du Congo été pillé lors de la guerre civile de 1997, nous avons perdu beaucoup d’œuvres et nous sommes en train d’en restaurer d’autres »

Le seul hic est que le commun des visiteurs ne passe évidemment pas par hasard, ni sans autorisation, sur le domaine privé du chef de l’État. « Le musée reçoit sur rendez-vous, confirme Abraham Ibela, initié au rite kiebe-kiebe, qui sert fréquemment de guide à N’Gol’Odoua. Les visiteurs sont avant tout des Congolais d’autres régions, ainsi que les hôtes de marque du chef de l’État. » Il y en aurait eu plus d’un millier depuis l’inauguration.

Un patrimoine à reconstituer

Le Musée national du Congo, situé près du marché du Plateau, dans le centre de Brazza, est fermé depuis belle lurette. « Il a été pillé lors de la guerre civile de 1997. Nous avons perdu beaucoup d’œuvres et nous sommes en train d’en restaurer d’autres. Il nous faut reconstituer ce patrimoine national, mais aussi mettre en valeur notre culture au sein d’établissements modernes, où les pièces seront conservées dans les meilleures conditions, précise Lydie Pongault.

Nous avons encore un problème de formation à surmonter si nous voulons accueillir un plus large public, mais ce point devrait être réglé d’ici à deux ans. Il ne s’agit pas seulement de guider, mais aussi d’entretenir les œuvres, pour mieux les préserver. Pour le moment, nous faisons venir du personnel qualifié de l’extérieur pour assurer les formations. »

Le mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, inauguré en 2006 à Brazzaville

Le mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, inauguré en 2006 à Brazzaville © Marcel1977 by Wikimedia Commons

À Brazzaville, impossible de ne pas remarquer le mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, inauguré en 2006. Situé sur la corniche, le bâtiment circulaire abrite le mausolée de l’explorateur franco-italien, ainsi que quelques statuettes traditionnelles, photos d’époque et documents sur ce dernier. « Nous profitons de la position stratégique du mémorial et de son caractère touristique pour offrir au public l’occasion de se ressourcer et de se réconcilier avec l’histoire moderne du Congo », souligne Bélinda Ayessa, la directrice. Depuis 2015, des travaux d’extension sont en cours, financés par Eni, qui vont permettre d’aménager un espace musée.

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