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Littérature : et il est comment le dernier… Eugène Ébodé ?

Le Balcon de Dieu, d’Eugène Ébodé, Gallimard, 240 pages, 19,50 euros.

Le Balcon de Dieu, d’Eugène Ébodé, Gallimard, 240 pages, 19,50 euros. © DR

Dans son neuvième roman, Le Balcon de Dieu, Eugène Ébodé dresse le portrait misérabiliste de Mayotte à travers le regard de deux Sud-Africains blancs, cliché du jeune couple aisé et progressiste qui s’en va jouer les humanitaires à la suite d’« un signe du destin » (sans rire !).

L’histoire commence quand Donovan et Mélania (on croirait les noms de personnages sortis de l’univers Archie Comics ou peut-être l’auteur a-t-il voulu faire un clin d’œil au couple présidentiel américain…), fraîchement mariés, s’envolent pour leur lune de miel sur l’île Maurice. Mais voilà, les caprices de la météo – un cyclone en l’occurrence – forcent leur avion à atterrir à Mayotte, où, pendant leur séjour impromptu, l’enthousiasme se frotte à l’incrédulité.

Candeur déconcertante

C’est que « l’île aux parfums » recèle autant de merveilles que de misères. Si bien que, de retour au bercail, les mariés, bientôt parents d’une petite fille, prennent la décision d’y retourner afin de s’y établir quelque temps. Lui, animé par Mandela, veut se rendre utile. Elle, estime que « la générosité réclame de la hauteur de vue pour épaissir nos existences ». Mayotte devient même « sa mission » qui ne saurait se limiter à son pays natal… La boucle ne serait pas bouclée sans l’épisode du gamin orphelin que le couple finit par prendre sous son aile pour lui offrir une vie meilleure.

Au bout de plus de 200 pages, on referme le livre épuisé par tant d’affectation, groggy sous tant de bons sentiments

Voilà donc nos deux protagonistes confrontés à la réalité impitoyable qu’offre Mayotte, alors en proie à la grogne populaire. Qu’est-ce qui a pu inspirer à l’auteur camerounais un récit frappé d’une candeur aussi déconcertante ? Les péripéties sont amenées sur la base d’un trop-plein de personnages sans profondeur et portées par une intrigue pour le moins faiblarde.

De surcroît, Ébodé n’excelle pas tellement dans l’art de la parcimonie : « Surnageait, de son évocation de ce théâtre liquide et végétal, âpre et sombre, le doux clapotement de l’eau sous les embarcations à moteur glissant autour des racines de palétuviers tissées par la main invisible de l’océan. » Au bout de plus de 200 pages, on referme le livre épuisé par tant d’affectation, groggy sous tant de bons sentiments. C’est que l’on s’imaginait une critique acerbe du syndrome du « sauveur blanc ».

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