Politique économique

Québec-Afrique : « Nos entreprises profitent peu des opportunités qu’offre le continent »

Réservé aux abonnés | | Par
Alain Carrier, coordonnateur sur les marchés de l'Afrique et du Moyen-Orient, responsable d'Export Québec pour le ministère québécois de l'Économie et de l'Innovation.

Alain Carrier, coordonnateur sur les marchés de l'Afrique et du Moyen-Orient, responsable d'Export Québec pour le ministère québécois de l'Économie et de l'Innovation. © YouTube/AfriqueExpansionMag

Entretien avec Alain Carrier, coordonnateur sur les marchés de l’Afrique et du Moyen-Orient, responsable d’Export Québec pour le ministère québécois de l’Économie et de l’Innovation.

Depuis dix ans, Export Québec est l’interlocuteur privilégié des entreprises québécoises et même canadiennes désireuses de travailler sur le continent. Cette unité spécialisée du ministère québécois de l’Économie et de l’Innovation est l’organisme gouvernemental le plus actif de toutes les provinces canadiennes en Afrique. Au point d’être cité en exemple par le gouvernement fédéral d’Ottawa.

Jeune Afrique : Que représentent les échanges commerciaux québécois avec l’Afrique et quelles sont les actions menées par les services du ministère pour les développer ?

Alain Carrier : Les exportations de marchandises vers le continent pèsent moins de 2 % de nos échanges commerciaux. L’objectif est donc de soutenir les entreprises québécoises afin d’augmenter ce pourcentage. Export Québec a été très actif en Afrique au cours des dernières années et il a mis en œuvre un plan d’action qui inclut des approches sectorielles et géographiques prioritaires. Il a également établi un vaste réseau de collaborateurs au Québec, au Canada et à travers le continent pour accompagner les entreprises qui ont des projets crédibles dans des territoires et des secteurs présentant des opportunités intéressantes.

Quels sont les secteurs les plus attractifs du continent pour les entreprises québécoises aujourd’hui ?

Les sous-secteurs ciblés dans les industries de services regroupent plus de 80 % des entreprises accompagnées – infrastructures, TIC, génie-conseil, marchés publics, gestion financière, juridique, environnement, énergie renouvelable, gouvernance… Du côté des exportations de biens, il faut notamment mentionner les mines, l’énergie renouvelable, l’aérospatiale et l’hydroélectricité, où certaines sociétés québécoises possèdent des expertises de pointe.

L’Afrique présente un potentiel dont nos compagnies profitent peu pour diversifier leurs marchés. Avec notre connaissance du continent, nous sommes en mesure de les aider dans leurs démarches auprès du monde des affaires et de la finance africaine, et ce, grâce à notre excellent réseau de contacts.

Comment accompagnez-vous les sociétés qui souhaitent se développer en Afrique ?

Nos services interviennent notamment en les sensibilisant aux opportunités d’affaires existantes, grâce à une veille économique des principaux marchés africains et à l’organisation de séminaires comme les Journées économiques Afrique, qui ont attiré des centaines de compagnies québécoises. Nous soutenons également les entreprises en analysant leurs projets de développement de marchés sous différents aspects – financement, marketing… – , en validant leur stratégie et en les aidant à identifier les partenaires potentiels sur place.

Depuis 2010, nous avons invité plus de 300 sociétés dans plus d’une quinzaine de pays du continent

Nous travaillons aussi en collaboration avec plusieurs institutions financières afin de compléter notre offre. Nous organisons en outre des missions commerciales autour de secteurs clés. Depuis 2010, nous avons réalisé 40 missions de ce type, invitant plus de 300 sociétés dans plus d’une quinzaine de pays du continent. Nous accueillons aussi les délégations envoyées par les secteurs publics ou privés africains et intéressées par l’acquisition de technologies ou de services auprès de compagnies québécoises.

Il faut enfin noter la présence de délégations du Québec à Abidjan, à Dakar et à Rabat, qui ont pour but d’accompagner les entreprises québécoises sur le continent.

Comment s’articulent leurs missions avec les représentations du gouvernement fédéral canadien en Afrique ?

Nous travaillons à consolider les collaborations entre nos délégations et les vingt-quatre bureaux [ambassades, bureaux commerciaux, commissariats] qui constituent le réseau diplomatique du gouvernement canadien, ainsi qu’avec les différents partenaires du réseau fédéral, comme Exportation et Développement Canada [EDC] ou la Corporation commerciale canadienne [CCC]. Nous veillons également à créer des partenariats avec le monde des affaires des autres provinces canadiennes, pour profiter de leurs réseaux dans les différents pays anglophones du continent.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte