Économie

Économie : Kristalina Georgieva bientôt à la tête du FMI ?

Kristalina Georgieva

Kristalina Georgieva © DOMINICK REUTER/AFP

Soutenue par l’Union européenne, Kristalina Georgieva, économiste bulgare de 65 ans, actuelle numéro deux de la Banque mondiale, part grande favorite pour succéder à la Française Christine Lagarde à la tête du FMI.

• École soviétique

Née en août 1953, cette fille de technicien des Ponts et Chaussées formée à l’école soviétique a passé les trente-six premières années de sa vie derrière le rideau de fer. Elle a obtenu son doctorat à l’ex-Haut Institut d’économie Karl-Marx de Sofia, où elle a enseigné jusqu’en 1991.

• Américanophile

Sa thèse porte sur le lien entre l’environnement et la croissance aux États-Unis, où elle a réalisé, en 1991, une année d’études postdoctorales au MIT. Elle y a côtoyé l’intellectuel sud-africain Xolela Mangcu, auteur d’une biographie remarquée de Steve Biko. C’est outre-Atlantique qu’elle a fait l’essentiel de sa carrière internationale, et l’histoire paraît loin d’être close.

• Commissaire

Entre deux séjours à Washington, Kristalina Georgieva a exercé deux mandats à la Commission européenne : l’un consacré à la coopération internationale et à l’aide humanitaire (2010-2014), l’autre au budget et aux ressources humaines (2014-2016).

Zumba

Amatrice de musique classique (elle admire la Cinquième de Beethoven) mais aussi de culture populaire (dont Star Wars) et de zumba, Georgieva reste attachée à ses racines. À Bruxelles, la commissaire européenne dansait le horo, une ronde folklorique de son pays, tous les mois d’avril en tenue traditionnelle, lors d’une manifestation placée sous son patronage.

• Obstacle(s)

Le 4 octobre, jour où sera désigné le nouveau directeur général du FMI, elle aura dépassé la limite statutaire de 65 ans. Elle peut néanmoins déjà compter sur les soutiens américain, russe et européen pour obtenir une dérogation. À moins que les banquiers centraux Mark Carney (citoyen du Canada, du Royaume-Uni et de l’Irlande) et Lesetja Kganyago (Afrique du Sud) ne viennent jouer les trouble-fêtes.

• Féministe

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, en janvier 2015. © Alex Brandon/AP/SIPA

La (probable) future patronne du FMI a longtemps milité contre les inégalités de genre. Une passion qu’elle partage avec la française Christine Lagarde. En deux ans et demi, Georgieva est parvenue à établir la parité au sein de la hiérarchie de la Banque mondiale. Elle cite souvent une étude qui évalue à 160 000 milliards de dollars le manque à gagner causé par ce type d’inégalités dans le monde.

Environnement

Si l’appui au secteur financier et au développement des infrastructures du continent a la cote auprès des bailleurs de fonds, cette docteure en économie de l’environnement favorise plutôt la lutte contre le changement climatique, l’entrepreneuriat féminin et les potentialités du numérique. Ces derniers mois, elle a évoqué ces questions avec Paul Kagame, Uhuru Kenyatta, Abiy Ahmed et Akinwumi Adesina, patron de la BAD.

• Compatissante

De son passage à la Commission européenne, elle a conservé un net intérêt pour les pays fragiles, notamment la Centrafrique, qu’elle a visitée quatre fois au moins. Après une rencontre, en mai 2014, avec les réfugiés de Garoua-Boulaï (Cameroun) et du camp de M’Poko (près de l’aéroport de Bangui, en Centrafrique), elle a fait passer l’enveloppe de l’UE dévolue à ce drame de 1 à 4 millions d’euros.

Kristalina Georgieva a été souvent pressentie pour intégrer le gouvernement bulgare de centre droit conduit par le Premier ministre Boïko Borissov

Postulante

La Bulgarie avait proposé sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies en 2016, en remplacement du Sud-Coréen Ban Ki-moon. Mais en dépit du soutien de Bruxelles, elle n’avait jamais intégré le trio de favoris mené par le futur vainqueur, António Guterres.

• Conservatrice

Cette « pure politicienne » a généralement évolué près du marigot conservateur. Elle a été souvent pressentie pour intégrer le gouvernement bulgare de centre droit conduit par le Premier ministre Boïko Borissov. À Bruxelles, elle était proche du Parti populaire européen, la formation conservatrice de Jean-Claude Juncker et d’Angela Merkel.

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