Football

Finale de la Ligue des champions africaine : l’autre match entre Hamdi Meddeb et Saïd Naciri

Hamdi Meddeb et Saïd Naciri, présidents respectivement de l'Espérance de Tunis et du Wydad Casablanca. © Jeune Afrique

Physiquement face à face sur la pelouse du stade de Radès, le 31 mai, après l'interruption de la finale retour de la Ligue des champions africaine de football, Hamdi Meddeb et Saïd Naciri, présidents respectivement de l'Espérance de Tunis et du Wydad Casablanca, poursuivent depuis leur match par médias et instances disciplinaires interposés.

« L’Afrique de Weah, de Drogba, d’Eto’o, de Mané et de tant d’autres champions mérite mieux que ça ! » Le 31 juillet, Aziz Zouhir apprend avec amertume que le Tribunal arbitral du sport (TAS) a estimé que le comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) n’avait pas le pouvoir de faire rejouer la finale controversée de la Ligue des champions africaine.

Ancien président de l’Espérance sportive de Tunis (EST), membre du comité des sages de ce club centenaire, le Tunisien espérait voir confirmer le sacre de l’EST – déjà détentrice de quatre titres continentaux – face au Wydad Athletic Club (WAC) Casablanca. Or l’instance arbitrale s’est contentée de botter en touche, considérant que le comité en question « n’était pas compétent » sur le sujet, et a renvoyé la balle à la CAF. « Ce communiqué rajoute de la confusion », résume Aziz Zouhir.

Palabres, menaces et « comportement antisportif »

Cette affaire, sans doute l’une des plus rocambolesques de l’histoire du football africain, débute au soir de la finale retour de la compétition, le 31 mai. Dans la tribune présidentielle du stade de Radès, près de Tunis, Hamdi Meddeb et Saïd Naciri espèrent tous deux étoffer le palmarès déjà prestigieux de leurs clubs respectifs. Meddeb, 67 ans, est considéré comme l’un des plus grands hommes d’affaires de son pays. Fondateur de la Société tunisienne des industries alimentaires, il préside l’EST depuis 2007. Le député marocain Saïd Naciri, qui a fait fortune dans l’immobilier, dirige quant à lui depuis 2014 le Wydad Casablanca, l’un des deux plus grands clubs du royaume – l’autre étant son éternel rival, le Raja.

Que se sont-ils dit sur la pelouse du stade de Radès ? Certainement pas des mots cordiaux, à en croire Naciri, qui affirmera que Meddeb l’a menacé

Au match aller, l’EST et le WAC avaient fait match nul. À l’heure de jeu, ce 31 mai, les Marocains égalisent alors qu’ils étaient menés 1 à 0. Mais le but, manifestement valable, est refusé par l’arbitre gambien Bakary Gassama. Irrités, les Casablancais demandent le recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR)… qui ne fonctionne pas. Début de l’imbroglio.

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad (au centre), en discussion sur la pelouse lors de la finale de Ligue des champions entre l'Espérance sportive de Tunis et le Wydad Casablanca, vendredi 31 mai 2019. © YouTube/Spectrum TV

Hamdi Meddeb et Saïd Naciri investissent la pelouse du stade, où les palabres entre officiels se prolongeront une heure durant. Les images les montrent en train de négocier longuement avec Ahmad Ahmad, le président de la CAF. Que se sont-ils dit ? Certainement pas des mots cordiaux, à en croire Naciri, qui affirmera que Meddeb l’a menacé. Ce dernier sera d’ailleurs condamné ultérieurement par la CAF pour son « comportement antisportif » envers Ahmad Ahmad lors de la cérémonie de remise du trophée.

Nouveaux recours possibles

Car à l’issue de ces tractations, alors que les joueurs du WAC ont refusé de reprendre la partie, l’arbitre met un terme au match, déclarant le club tunisois vainqueur par forfait. Depuis, c’est hors du terrain que se joue le sort de la finale retour de la Ligue des champions.

La CAF a dans un premier temps semblé donner gain de cause à Saïd Naciri en décidant de faire rejouer la finale. Mais le TAS a remis les compteurs à zéro en exigeant qu’une instance compétente de la CAF réexamine cette décision. Le 7 août, c’est chose faite, mais la commission disciplinaire de l’institution panafricaine entérine le sacre du club de Hamdi Meddeb : « Le Wydad Athletic Club est perdant du match de la finale retour par forfait », écrit-elle. Un retourné acrobatique.

Dans les entourages respectifs du discret Meddeb et du volubile Naciri, on s’accorde au moins sur un point : cette nouvelle décision étant susceptible d’un recours en première instance devant la CAF puis en appel devant le TAS, on est encore loin du coup de sifflet final.

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