Mode

Mode : des caftans pour tisser des liens entre le Maghreb et le reste de l’Afrique

Paris Fashion Week

Paris Fashion Week © Youri Lenquette pour JA

Dans la dernière collection de Luxury By K., dirigée par la Franco-Marocaine Zaineb El Kadiri, l’habit traditionnel fait fi des frontières.

• Retour

Si elle est née et a grandi à Lille, Zaineb El Kadiri, 36 ans, est venue s’installer au Maroc, pays de ses parents, et plus précisément à Casablanca, en 2012, où elle organise la manifestation de mode Afrifata (African Fashion Talents), dont la troisième édition se déroulera en mai 2020. « Je m’attache à mettre en avant les jeunes talents de la mode encore dans l’ombre. Prochainement, j’ouvrirai à Casablanca un concept-store où l’on retrouvera les créations de tous ces designers. »

« Je ne vois plus seulement le caftan comme une tenue traditionnelle, mais presque comme une robe de soirée » assure Zaineb El Kadiri

Celle qui a arrêté l’école à 19 ans pour se marier a toujours travaillé dans le prêt-à-porter. Chargée de stylisme pour Manoukian ou chez Pronovias, griffe parisienne spécialisée dans les robes de mariées, Zainab a également suivi des formations en design au lycée professionnel Sonia-Delaunay, à Lomme. « Je me considère comme une autodidacte. Cela fait quinze ans que je suis dans le milieu et j’apprends encore. Au Maroc, je me suis perfectionnée dans le design du caftan traditionnel. »

• Diversité

Zaineb El Kadiri se considère comme africaine. « L’Afrique est née en moi quand je suis arrivée au Maroc », confie-t-elle. C’est d’ailleurs à son arrivée qu’elle crée Luxury By K. « Je ne vois plus seulement le caftan comme une tenue traditionnelle, mais presque comme une robe de soirée. La tradition demeure avec le perlage et les broderies. Quant à la modernité, je la travaille sur les décolletés, avec des coupes de type robe à godets, sirène, avec des traînes. »

Ses tenues, qui nécessitent deux à trois mois de travail, valent entre 350 et 2 500 euros. Son atelier et son showroom sont situés à Casablanca, où elle forme des femmes au perlage. « Je travaille avec une dizaine d’artisanes. » Sa signature : la femme glamour et engagée des temps modernes. « Je suis voilée et je montre qu’une femme voilée n’est soumise qu’à son dieu. J’essaie de transmettre des valeurs. »

• Wax, kente et dentelle

« Je me suis servi des tissus que me donnent mes amis qui viennent de toute l’Afrique. J’avais pour habitude de me faire des tuniques en pagne tissé. On trouve sur mes modèles du wax mais aussi du kente ghanéen. » Une façon pour Zaineb El Kadiri de « tisser des liens entre le Maghreb et le reste de l’Afrique ». Ses caftans mêlent donc wax ou kente, crêpe Georgette, soie, brocard, velours de soie, satin duchesse, etc. Elle travaille d’autres matières à la main, comme la dentelle.

« J’utilise aussi l’organza pour mes turbans. » Sa spécialité est le perlage avec pierres précieuses et Swarovski. Sur le modèle en wax (380 euros), on retrouve une coiffe et des ornements amazighs, clin d’œil à ses origines berbères, en plus d’une étoile verte brodée et perlée renvoyant au drapeau marocain. Le caftan en kente coûte, lui, 550 euros.

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