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Cet article est issu du dossier «Russie-Afrique : les secrets d'une reconquête»

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Politique

Médias : Russia Today et Sputnik considèrent l’Afrique d’un œil attentif

Le président russe Vladimir Poutine à Russia Today en 2015.

Le président russe Vladimir Poutine à Russia Today en 2015. © Wikimedia Commons

Les informations estampillées « Russie » rencontrent un vif succès sur le continent, particulièrement au Maghreb, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Burkina Faso.

Entre novembre 2017 et janvier 2018, la page Facebook de RT France – déclinaison francophone de Russia Today, l’un des médias internationaux financés par l’État russe – a vu le nombre de ses abonnés passer de 500 000 à 850 000. Une belle progression analysée par Kevin Lemonier*, maître de conférences à l’université Paris-8, qui a remarqué que parmi les 350 000 « likes » supplémentaires, 1 000 seulement venaient d’internautes français. Contre, par exemple, 30 000 d’Algérie, 10 000 du Maroc, 9 000 de Tunisie ou 5 000 du Mali.

Xenia Fedorova, présidente et directrice de l'information de RT France. © Francois Mori/AP/SIPA

Interrogée il y a quelques mois par Jeune Afrique, Xenia Fedorova, la présidente et directrice de l’information de RT France, résumait l’enjeu très simplement. Le monde, rappelait-elle, compte 300 millions de francophones, dont 60 % vivent en Afrique.

Difficile, dès lors, pour un média de langue française dont la mission est précisément de s’adresser à un public mondial, de ne pas considérer le continent d’un œil attentif. Au point d’en faire une cible ? La stratégie n’est pas ouvertement affichée, mais dès que l’occasion se présente de trouver de nouveaux canaux de diffusion en Afrique, RT ne la laisse pas passer.

« La Russie jouit sur le continent d’une image positive qui la place en concurrence avec les pays occidentaux pour la crédibilité et la popularité des informations qu’elle produit » commente Kevin Lemonier

Pour l’heure, RT et Sputnik ne bénéficient en Afrique que d’une audience qu’on pourrait qualifier de « majoritairement indirecte ». Dans son étude, Kevin Lemonier s’est penché sur la façon dont les informations produites par les deux médias sont ensuite reprises sur des sites ou des pages de réseaux sociaux africains, ou conçus pour un public africain. Il semble que les informations estampillées « Russie » rencontrent un vif succès.

Commentaire du chercheur français : « La Russie jouit sur le continent d’une image positive [qui la] place en concurrence avec les pays occidentaux, en particulier l’ancienne puissance coloniale française, pour la crédibilité et la popularité des informations qu’elle produit. » Les trois pays du Maghreb central ainsi que le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Burkina Faso comptent, selon l’universitaire, parmi les pays où les informations en langue française des médias russes sont le plus reprises et partagées.


* Auteur d’une étude sur la diffusion de l’information russe en Afrique publiée en novembre 2018 par l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem).

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