Banque

Banques : bras de fer nigérian entre Godwin Emefiele et Adesola Kazeem Adeduntan

Godwin Emefiele, gouverneur de la Banque centrale du Nigeria et Adesola Kazeem Adeduntan, directeur général de First Bank of Nigeria © JA

En relevant le ratio prêts/dépôts à 60 %, Godwin Emefiele, le gouverneur de la Banque centrale nigériane, met en difficulté le numéro deux du secteur, la First Bank of Nigeria d'Adesola Kazeem Adeduntan. La mesure pourrait créer de nouveaux risques de crédit.

Pour les banques nigérianes, les prochaines semaines s’annoncent tendues. Au début du mois de juillet, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a imposé aux établissements de crédit du pays d’atteindre un ratio prêts/dépôts de 60 % d’ici au 30 septembre.

Pour le régulateur, dirigé par le gouverneur Godwin Emefiele, reconduit pour un second mandat en mai, l’objectif est double : réduire l’attrait excessif des banques locales pour les obligations et titres du Trésor public, qui représentent une part disproportionnée de l’encours de prêts du secteur financier local, et encourager le financement de « l’économie réelle », en priorisant notamment « les prêts aux PME, au commerce de détail, les crédits immobilier et à la consommation ». Ces crédits bénéficieront d’une pondération de 150 % dans le calcul du ratio prêts/dépôts, a indiqué la CBN. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect du nouveau seuil.

De nouveaux risques de crédit

Selon les analystes de la place de Lagos, les banques nigérianes devront accorder entre 1 000 et 1 700 milliards de nairas (entre 2,4 et 4,2 milliards d’euros) de nouveaux crédits pour atteindre l’objectif de la CBN, alors que « le volume des prêts bancaires s’est contracté de 6,7 % en 2018 pour s’établir à 12 800 milliards de nairas, avant de remonter légèrement à 12 900 milliards en avril 2019 », selon l’agence de notation Moody’s.

Le numéro deux du secteur bancaire local, First Bank of Nigeria, dirigé par Adesola Kazeem Adeduntan, paraît être l’un des établissements les plus affectés par la nouvelle directive.

« Le ratio prêts/dépôts des opérations de la First Bank au Nigeria a reculé à 53 % en juin, contre 62 % à la fin de 2018, ce qui obligerait la banque à augmenter ses prêts d’environ 13 %, toutes choses égales par ailleurs, pour satisfaire à l’exigence réglementaire de 60 %, créant de nouveaux risques de crédit dans un environnement opérationnel difficile », relève Peter Mushangwe.

Selon cet analyste de Moody’s, l’augmentation des prêts aux PME et aux ménages « dont les antécédents de crédit sont faibles ou limités » entraînera une hausse des prêts en souffrance.

 

Fermer

Je me connecte