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Cet article est issu du dossier «Ticad VII : Japon-Afrique, une nouvelle dynamique ?»

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Économie

Katsumi Hirano : « Notre secteur privé est encore en phase de découverte du marché africain »

2016- DG Li with Katsumi HiranoTOKYO, 13 May 2016 - Director General Li met Katsumi Hirano, Executive Vice President, Japan External Trade Organization (JETRO).

2016- DG Li with Katsumi HiranoTOKYO, 13 May 2016 - Director General Li met Katsumi Hirano, Executive Vice President, Japan External Trade Organization (JETRO). © UNIDO

Katsumi Hirano est vice-président de l’Organisation japonaise du commerce extérieur (Jetro), chargé de l’Afrique. Il répond aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Comment ont évolué les relations économiques entre le Japon et l’Afrique ces trois dernières années, depuis la Ticad 6 ?

Katsumi Hirano : Depuis Nairobi, nous avons constaté une stagnation, voire une baisse certaines années, de nos échanges commerciaux avec le continent ainsi que des volumes d’investissements réalisés sur place. Il y a donc urgence pour le Japon de redévelopper et de renforcer ses liens économiques avec l’Afrique.

Comment inverser cette situation ?

En matière d’investissements, le gouvernement veut explorer des voies financières nouvelles, comme celle qui consiste à développer des accords de collaboration avec des pays tiers. Nous pensons que nos capitaux, nos produits et nos technologies peuvent conquérir les marchés africains en s’appuyant sur un réseau d’affaires composé également d’entreprises étrangères. D’où la présence de nombreuses compagnies européennes, indiennes ou turques lors de la Ticad 7, qui se tiendra à la fin d’août à Yokohama. Il faut également souligner la volonté, répétée à plusieurs occasions, du gouvernement japonais de coopérer avec la Chine en Afrique, à travers des accords mutuels.

Qu’attendez-vous de ce type de partenariat d’un nouveau genre ?

Le Japon reste, par tradition, l’une des économies les plus orientées sur son marché domestique au monde. Nous devons donc nous ouvrir davantage à l’économie mondiale. Ce type de collaboration avec un pays tiers semble être le moyen le plus efficace pour que nos entreprises se tournent vers l’extérieur. C’est notamment le cas pour nos PME, dont moins de 5 % travaillent aujourd’hui activement à l’étranger, alors que cette proportion atteint 20 % dans les autres pays développés. Là encore, nous comptons beaucoup sur la rencontre de Yokohama pour les sensibiliser aux possibilités de développement qu’elles peuvent trouver sur le marché africain pour leurs activités.

Pourquoi les entreprises japonaises observent-elles cette prudence à venir travailler en Afrique ?

Nos compagnies sont habituées au contexte économique des pays d’Asie du Sud-Est, de la Chine et des États-Unis. Mais, en dehors de quelques exceptions notables, comme Toyota et Komatsu, le secteur privé japonais est encore en phase de découverte du marché africain. L’instabilité politique, les questions de bonne gouvernance, la perception même du risque sont autant de problématiques difficiles à maîtriser pour nos chefs d’entreprise, qui doivent mieux connaître la réalité du continent pour oser franchir le pas.

Face à la concurrence internationale, dans quels domaines en particulier le secteur privé japonais peut-il faire la différence ?

La société japonaise doit d’abord relever ses propres challenges. Le vieillissement de notre population, par exemple, nous impose des changements en profondeur, en matière de santé notamment. Notre industrie pharmaceutique pourrait en profiter pour étendre son savoir-faire dans le monde, en particulier en Afrique. Il en va de même pour les secteurs des nouvelles technologies, des infrastructures, de l’agrobusiness, et même de l’éducation. Si le développement en marche de l’Afrique doit susciter l’intérêt de nos secteurs économiques en général, nos propres défis nous imposent de nous concentrer sur ces secteurs identifiés en priorité.

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