Finance

Services financiers : Paypal s’invite sur le marché africain

Julian King, vice-président de Xoom, filiale de Paypal dont le service est disponible dans 130 pays, dont 33 sur le continent.

Julian King, vice-président de Xoom, filiale de Paypal dont le service est disponible dans 130 pays, dont 33 sur le continent. © DR/Paypal-Xoom Facebook

Le géant américain du paiement fait irruption sur le secteur des transferts d’argent vers le continent avec sa filiale Xoom. Sa stratégie reste cependant encore incertaine.

Rachetée pour 890 millions de dollars en 2015 par le leader américain du paiement en ligne, Paypal, la société de transfert de fonds Xoom dessert désormais 33 pays africains depuis une trentaine de marchés européens. L’annonce a été faite en grande pompe, à Londres, à la mi-juillet.

Grâce à des partenariats avec Ria Money Transfer et des banques africaines, Xoom permet à la diaspora d’envoyer de l’argent en ligne vers 150 000 points de retrait sur le continent ou de les transférer directement sur des comptes bancaires – en Afrique du Sud, en Égypte, au Maroc, au Nigeria, en Ouganda et au Rwanda seulement.

Nous offrons un service plus sûr et proposons un prix plus abordable

Les destinataires peuvent récupérer les espèces quasi instantanément, se les faire livrer ou les réceptionner en crédit mobile (dans onze pays). « Nous offrons un service plus sûr et proposons un prix plus abordable », assure Julian King, vice-président de Xoom qui facture un envoi de 500 euros de la France vers le Maroc à 1,49 euro (soit 0,3 % de frais) contre 9 euros et 3,99 euros pour les concurrents TransferWise et MoneyGram.

Mais l’argument relatif à la sécurité paraît plus douteux. D’ailleurs, ni le paiement de factures ni la livraison de cash à domicile ne sont disponibles dans les pays africains, alors que ces services font partie des accroches marketing.

Un marché déjà fourni et dynamique

De fait, plutôt que de révolutionner le secteur, la filiale de Paypal apparaît comme un acteur compétitif de plus sur un marché déjà bien fourni et dynamique. L’un de ses plus sérieux concurrents et devanciers est le britannique WorldRemit, créé en 2010 et qui multiplie les services et les partenariats en Afrique. Depuis septembre 2018, il permet des transferts ­interafricains à destination des entreprises.

En juin, la société a élargi son offre au paiement de salaires au Ghana, au Kenya et en Afrique du Sud. À la mi-juillet, elle s’est alliée à Cash Plus au Maroc, y bénéficiant désormais de 2 000 points de retrait. Les opérateurs de télécoms, tels qu’Orange et Safaricom s’aventurent également sur le segment des transferts interafricains, avec des offres parfois plus adaptées aux besoins locaux. La solution « Text and Treatment » de Safaricom permet par exemple de payer les transports d’urgence pour des patients en Tanzanie et au Lesotho.

Sans stratégie sur les transferts interafricains

Plus surprenant, Xoom et PayPal ne semblent pas avoir de stratégie continentale spécifique. Au siège de Paypal, en Californie, on se refuse à toute précision chiffrée sur sa présence et son activité africaine. Interrogé sur la possibilité à moyen terme de réaliser des transferts de devises entre pays du continent, Julian King reste évasif : « Nous allons étudier de près la façon dont nous pouvons apporter de la valeur ailleurs qu’en Amérique du Nord et en Europe. Nous espérons pouvoir offrir quelque chose au sein des marchés interafricains. »

Une prudence étonnante, alors que 80 % des migrations africaines s’effectuent sur le continent et qu’à elle seule la région subsaharienne représente pour le secteur un marché estimé à 46 milliards de dollars.

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