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Politique

Tunisie : quelles prérogatives pour Mohamed Ennaceur, président par intérim ?

Le président de l'Assemblée tunisienne, Mohamed Ennaceur, prêtant serment sur le Coran pour devenir président de la République par intérim, jeudi 25 juillet 2019, après le décès du chef de l'État Béji Caïd Essebsi. © Lassad Manai/AP/SIPA

Le président de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur, a été investi président de la République par intérim jeudi 25 juillet, après le décès du chef de l'État Béji Caïd Essebsi. Sous la transition qu'il a la charge de conduire pour une durée de 45 à 90 jours, sa principale mission sera d'assurer la continuité de l’État.

Il aura fallu contourner une étape prévue par la Constitution pour que Mohamed Ennaceur – président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) depuis décembre 2014 – soit nommé chef de l’État par intérim.

À la suite du décès de Béji Caïd Essebsi, ce devait en effet être à la Cour constitutionnelle de constater la vacance du pouvoir et de l’en informer pour l’investir dans ces nouvelles fonctions. Mais cette instance n’ayant toujours pas vu le jour, c’est l’ARP qui a tranché. Cette décision semble avoir découlé d’un accord avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, présent dans l’Hémicycle quelques heures plus tôt.

Assurer la continuité de l’État

Mohamed Ennaceur occupera ce poste pour une période minimale de 45 jours, pouvant s’étendre jusqu’à 90 jours. Il ne lui est pas possible de modifier la Constitution, de convoquer un référendum, de dissoudre le Parlement ou de censurer le gouvernement. Son rôle est d’assurer la continuité de l’État jusqu’à la prochaine élection présidentielle. Prévu pour le 17 novembre, ce scrutin devrait, selon la déclaration, rapportée par la TAP, de Nabil Baffoun, président de l’Isie, l’instance chargée de l’organiser, se tenir entre la mi-septembre et la fin octobre, soit avant les législatives.

Âgé de 85 ans, Mohamed Ennaceur a été plusieurs fois ministre des Affaires sociales sous Bourguiba, puis au lendemain de la révolution. En 2013, il avait été proposé comme chef du gouvernement dans le cadre du dialogue national censé sortir le pays d’une crise aiguë. Sans succès. Ennahdha s’était notamment opposée à sa nomination. Il avait rejoint Nidaa Tounes en 2014 et en a même été vice-président.

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