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Cet article est issu du dossier «Développement et défense de l'environnement : où en est l’Afrique ?»

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Environnement

Environnement – L’Afrique au banc d’essai : en Tunisie, cap sur le bio

Champs agricole en Tunisie,

Champs agricole en Tunisie, © Max Pixel/CC/Wikipédia

En Afrique, comme ailleurs, les initiatives visant à « verdir » les pratiques agriculture se multiplient. Exemple avec l’Association tunisienne de permaculture (ATP), qui cherche à « promouvoir les semences paysannes ».

Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’Afrique est le continent qui possède la plus grande réserve de terres agricoles non utilisées. Les pays les plus concernés (en surface totale) sont, dans l’ordre, la RD Congo, l’Angola, le Congo, le Cameroun et le Mozambique.

Mais les pratiques agricoles ne sont pas forcément respectueuses de l’environnement et ne permettent pas toujours une exploitation pérenne des terres et des ressources hydriques. Un nombre croissant d’agriculteurs en prennent conscience et les initiatives visant à « verdir » leur activité se multiplient.

« Promouvoir les semences paysannes »

La Tunisie est emblématique en la matière et innove dans de nombreuses directions. Créée en 2013, l’Association tunisienne de permaculture (ATP) organise chaque année une fête des semences afin, explique sa présidente Rim Mathlouthi, de « promouvoir les semences paysannes, qui peuvent être reproduites et replantées, par opposition aux hybrides fournies par les grandes entreprises, qui nécessitent des intrants et des engrais chimiques. »

« Des hybrides, renchérit Flora Ben Chekroun, qui travaille à l’oasis de Chenini Gabès, un site classé au patrimoine de l’Unesco, qui viennent en général de pays européens où l’accès à l’eau est plus facile et qui résistent moins bien que les variétés locales au stress hydrique et aux fortes chaleurs. » La question de l’accès à l’eau est d’ailleurs prise au sérieux dans les trois pays du Maghreb, où des techniques spécifiques de goutte-à-goutte ont été développées.

Valoriser les productions locales

Une autre piste consiste à valoriser les productions locales. L’exemple de l’huile d’argan marocaine est significatif. Parallèlement à la création de labels, le fait que les fruits soient récoltés et travaillés par des femmes est mis en avant dans une logique de « marketing » qui a permis de faire grimper la valeur, et donc le prix, du produit fini.

Le Bénin souhaite aujourd’hui s’en inspirer. Des producteurs de gari, une farine à base de racines de manioc, tentent de faire certifier un « gari des Collines », à l’instar du « whisky d’Écosse » ou du « champagne de France ». Une autre façon de valoriser la production locale sans avoir recours à des techniques dangereuses pour l’environnement.

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