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Cet article est issu du dossier «Présidentielle au Burkina : en Côte d'Ivoire, une diaspora qui pourrait faire basculer le résultat»

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Politique

Présidentielle au Burkina : à Abidjan, la campagne a déjà commencé auprès de la diaspora

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Mis à jour le 30 juillet 2019 à 13h45
Une affiche électorale du CDP à Ziniaré, au Burkina, le 24 novembre 2015.

Une affiche électorale du CDP à Ziniaré, au Burkina, le 24 novembre 2015. © Theo Renaut/AP/SIPA

Depuis plusieurs mois, la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire est l’objet de toutes les attentions. Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir), Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Union pour le progrès et le changement (UPC) multiplient les meetings.

Ils sont environ 250 ce soir de juillet à remplir le centre culturel d’Abobo, un quartier populaire d’Abidjan. Sur l’estrade, le maire de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou, ainsi que les députés Bakarissa Ouedraogo (originaire d’Abobo) et Abdoulaye Mosse écoutent leurs doléances.

Dans quelques jours, un grand meeting de soutien à Roch Marc Christian Kaboré doit se tenir au palais de la Culture de Treichville en présence de plusieurs ministres et de députés. Alors ce soir-là, l’heure est à la mobilisation.

Désintérêt pour la politique nationale

Depuis plusieurs mois, la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire fait l’objet de toutes les convoitises. Pour les trois principaux partis, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir), le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et l’Union pour le progrès et le changement (UPC), l’enjeu est de taille.

Réputée favorable à l’ancien président Blaise Compaoré, cette importante diaspora, représentant potentiellement 1,5 million d’électeurs, pourrait bien faire basculer les élections présidentielle et législatives prévues en 2020. Un scrutin auquel les « diaspos » seront pour la première fois autorisés à participer.

Doté d’importants moyens, le MPP a pris les devants et occupe massivement le terrain en s’appuyant notamment sur la myriade d’associations des expatriés. Ces derniers mois, le parti du chef de l’État a multiplié les tournées de sensibilisation en province.

Objectifs : mobiliser les militants et leur permettre d’obtenir les documents nécessaires au vote. L’exercice n’est pas toujours évident. Beaucoup de Burkinabè installés en Côte d’Ivoire se sont désintéressés de la politique nationale. « Si vous voulez que l’on vienne voter pour vous, il faut que vous mettiez l’argent », s’est récemment vu rétorquer un représentant du MPP lors d’une rencontre au consulat de Soubré.

L’UPC et le CDP semblent pour le moment en retrait face à la machine du MPP. La formation de Zéphirin Diabré organisera néanmoins un grand meeting à Abidjan d’ici à la fin de l’année.

Lutte de leadership au CDP

Toujours très bien implanté en Côte d’Ivoire, où il possède encore de nombreux relais, le parti de Blaise Compaoré perd du terrain de son côté.

Orpheline de son mentor, la formation est empêtrée dans une lutte de leadership pour le choix de son candidat en 2020 entre Eddie Komboïgo, le président du parti, et l’ancien Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo. Ces divisions se ressentent jusqu’en Côte d’Ivoire, où chacun est forcé de choisir son camp. « Cette situation démoralise nos militants », concède Issiaka Kindo, numéro deux du parti en Côte d’Ivoire, favorable à Eddie Komboïgo.

Comme toujours, l’argent sera le nerf de la guerre. Dans ce domaine, le CDP a récemment perdu un soutien de poids en la personne d’Issiaka Sawadogo. Les largesses financières du puissant homme d’affaires, patron de la Société de transport ivoiro-burkinabè (Stib), profitent désormais au MPP.

Quoique pragmatique, ce choix place son propre petit frère, Dramane, dans une position particulièrement délicate : il n’est autre que le premier responsable du CDP en Côte d’Ivoire…

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