Médias

[Tribune] Une cyberhaine ordinaire

Image d'illustration © Mandatory Credit: Photo by Mairo Cinquetti/REX/Shutterstock (9305098c) Popular smartphone application Whatsapp was down during the new year's eve 2018 due to a massive use by the users. Whatsapp also suspended its services for windows phone and blackberry, Milan 01 January 2018 Whatsapp, Milan, Italy - 01 Jan 2018/Rex_Whatsapp_Milan_Italy_9305098C/1801020942

Face à la haine en ligne, certaines plateformes semblent, enfin, sortir de l'immobilisme. Mais les efforts consentis demeurent insuffisants et manquent souvent de constance.

Il y a un an, je m’inquiétais dans ces colonnes de la montée rapide de la désinformation et des discours haineux sur la toile africaine, en particulier sur les réseaux sociaux. À l’époque, les géants du web, tous américains, n’avaient pas pris la mesure du conflit anglophone au Cameroun et de l’impact qu’il a eu sur la cohésion entre les communautés. Ce manque de réaction était incompréhensible, alors même que des voix s’élevaient pour pointer la responsabilité de Facebook dans la survenance d’un génocide en Birmanie.

YouTube a été épargné dans le débat sur la haine en ligne. Pourtant, la plateforme des contenus problématiques

Un an plus tard, certaines plateformes semblent sortir de leur immobilisme. Durant la campagne électorale au Nigeria, la société de Mark Zuckerberg a changé les règles concernant ses publicités pour n’autoriser que celles émises par des personnes ou des entités locales et ainsi réduire les risques de désinformation orchestrée depuis l’étranger.

En mai, elle a également annoncé avoir supprimé 265 faux comptes pilotés depuis Israël, qui publiaient de fausses informations à destination de l’Afrique. Enfin, l’entreprise californienne limite désormais le nombre de transferts de messages à cinq interlocuteurs sur son application WhatsApp pour empêcher la diffusion à grande échelle de ces fake news.

Jusqu’ici, YouTube a été épargné dans le débat sur la haine en ligne. Pourtant, cette plateforme héberge un grand nombre de contenus problématiques. Au Cameroun, il aura fallu attendre le lancement d’une campagne d’activistes pour que la vidéo d’un célèbre professeur et écrivain appelant à la violence contre les communautés bulus soit enfin supprimée. Et des personnalités bien en vue diffusent impunément des appels à la haine contre les populations de l’Ouest. Ces publications se parent du masque d’un désaccord politique avec le MRC, le parti d’opposition de Maurice Kamto.

Anticipation

Les efforts entrepris demeurent insuffisants et manquent souvent de constance face à une menace aussi grave. Toutefois, il serait injuste de n’accuser que les entreprises : les tensions communautaires sont préexistantes à l’arrivée des réseaux sociaux. Les gouvernements africains doivent s’empêcher d’utiliser la haine à des fins politiques.

Internet sans frontières a ainsi développé un système de veille, de collecte, de localisation et d’alerte sur les discours haineux en Afrique francophone, à destination des plateformes, mais aussi des États. Celui-ci a déjà permis de prévenir plusieurs crises. L’anticipation et la collaboration entre acteurs privés et publics sont une des clés contre la désinformation et la haine en ligne.

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