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Politique

Maroc – Dix chantiers pour demain : quand la régionalisation aura gommé les inégalités territoriales (2/10)

Le développement d’Al Hoceima doit désenclaver le Rif (image d'illustration). © Mohamed Drissi K. pour JA

« Centré sur la satisfaction des besoins des citoyens » et sur la réduction des inégalités, un projet de nouveau modèle de développement est à l’étude pour le Maroc. Quels sont les principaux domaines concernés ? L'exemple des inégalités territoriales.

Selon les projections du Haut Commissariat au plan, il faudrait un quart de siècle pour réduire de moitié les inégalités territoriales actuelles, qui fragilisent la cohésion sociale. Des disparités qu’illustre ce constat du Conseil économique et social : trois régions sur les douze que compte le pays contribuent à elles seules à la moitié du PIB national et concentrent plus de la moitié des entreprises industrielles.

Le rapport « Un Maroc égalitaire, une taxation juste », publié à la fin du mois d’avril par Oxfam Maroc, montre lui aussi que le royaume est le pays qui présente le plus d’inégalités en Afrique du Nord : six régions concentrent 74 % des habitants les plus pauvres, et les déséquilibres de revenus entre milieux urbain et rural, centres et périphéries, littoral et régions de l’intérieur sont très marqués.

Mécanismes de solidarité

Consacrée par la Constitution de 2011 et mise en œuvre à partir de 2015, avec le redécoupage territorial et l’élection des conseils régionaux, la « régionalisation avancée » doit progressivement permettre de gommer ces disparités en intégrant les localités les moins avancées aux régions économiquement plus stables, de manière à instaurer des mécanismes de solidarité.

Une batterie de textes législatifs a été promulguée, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Ne serait-ce que parce que la déconcentration des différents services de l’État au profit des collectivités territoriales n’en est encore qu’à ses balbutiements.


Al Hoceima dans le sillage de Tanger…

En 2015, la province d’Al Hoceima, en grande souffrance, a fusionné avec la région de Tanger-Tétouan, en pleine croissance. Sous le règne de Mohammed VI, la métropole du Nord est en effet devenue le deuxième pôle industriel du royaume (après Casablanca) et, de 2013 à 2017, elle a bénéficié d’un plan de développement (Tanger Métropole) doté d’une enveloppe de 7,6 milliards de dirhams (environ 700 millions d’euros).

En revanche, en octobre 2015, huit mois après la création de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, l’État lançait le plan quinquennal de développement intégré « Al Hoceima, phare de la Méditerranée »… dont les résultats se sont fait longuement attendre. D’où les mouvements sociaux du Hirak, en 2016 et 2017, et l’ire de Mohammed VI. Des élus ont été limogés et le plan a été relancé début 2018.

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