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Société

Maroc – Dix chantiers pour demain : ces défis humains qui restent à relever (3/10)

Une salle de classe au Maroc (image d'illustration). © DR

« Centré sur la satisfaction des besoins des citoyens » et sur la réduction des inégalités, un projet de nouveau modèle de développement est à l’étude pour le Maroc. Quels sont les principaux domaines concernés ? Accès aux soins, aide aux plus démunis, réforme de l'enseignement... Malgré les efforts consentis depuis le milieu des années 2000, le royaume a encore du pain sur la planche.

Classé au 123e rang sur 189 pays dans le rapport sur le développement humain publié par le Pnud fin 2018, le royaume reste à la traîne, derrière la Libye (108e) ou même l’Irak (120e). Il est notamment pénalisé par son modeste revenu national brut par habitant, de 7 340 dollars par an (contre 11 100 dollars en Libye), et par ses mauvais résultats en matière d’éducation : la durée moyenne de scolarisation d’un Marocain âgé de 25 ans ou plus n’est que de 5,5 ans, contre une moyenne de 7 ans dans le monde arabe et une durée attendue de 12,4 ans.

En outre, selon les chiffres de l’Observatoire national du développement humain (ONDH), 52 provinces sur 62 accusent un retard par rapport à la moyenne nationale quant au nombre d’élèves qui achèvent le cycle secondaire dans l’enseignement général.

Statistiques inquiétantes

Le royaume cherche pourtant à combler ses déficits en matière de progrès sociaux, et des efforts ont été consentis par les pouvoirs publics, notamment à travers l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH). Lancée par le roi en 2005 pour lutter contre la précarité et la pauvreté, particulièrement en milieu rural et dans les quartiers défavorisés des grandes agglomérations (avec le programme « Villes sans bidonvilles »), cette stratégie nationale a mobilisé 43 milliards de dirhams (près de 4 milliards d’euros) d’investissements, dont 28 milliards issus des fonds de l’INDH pour le financement de plus de 60 projets ou actions bénéficiant à près de 10,5 millions de Marocains.

Le capital humain reste la principale richesse du royaume, mais, peu valorisé jusqu’à présent, il s’est transformé en handicap

Mais elle connaît des difficultés de mise en œuvre, dues, entre autres, à la multitude des intervenants. En 2013, déjà, le Conseil économique et social avait relevé les insuffisances et les dysfonctionnements du processus de l’INDH, notamment en matière de gouvernance et de ciblage des populations, et présenté une série de recommandations.

Dans sa troisième phase, lancée l’an dernier, l’INDH se focalise sur l’enfance et la jeunesse. Une nouvelle génération qui pourrait s’inscrire dans un nouveau modèle de développement. Le capital humain reste la principale richesse du royaume, mais, peu valorisé jusqu’à présent, il s’est transformé en handicap.

Les statistiques sont éloquentes, et inquiétantes : 6 millions de Marocains âgés de 15 à 24 ans évoluent hors du système scolaire, ne suivent aucune formation et sont sans emploi. La prise en charge de ces jeunes ainsi que la mise en place de mesures et de réformes qui permettront d’éviter à la nouvelle génération – et aux suivantes – de tomber dans les mêmes travers font partie des plus grands défis à relever aujourd’hui et dans les années à venir.


Une éducation à refaire

Dès son intronisation, Mohammed VI a fait de l’éducation une priorité. « Cette question figure en tête de nos préoccupations actuelles et futures, en raison de son extrême importance, de son impact sur la formation des générations et de leur préparation à accéder à la vie active pour contribuer à l’édification de la nation », souligne le souverain dans son premier discours du trône, en 1999.

Vingt ans plus tard, ce domaine reste celui où le Maroc accuse le plus de retard. Les différents plans ou stratégies mis sur pied n’ont jusque-là pas porté leurs fruits. Même si le budget du département de l’Éducation nationale a été multiplié par trois et que certains indicateurs ont progressé, les études d’instances nationales ou internationales viennent régulièrement rappeler l’état désastreux de l’école marocaine. Un récent rapport de la Banque mondiale a par exemple révélé qu’à peine un collégien sur trois justifie d’un niveau satisfaisant de lecture.

La refonte de tout le système éducatif se fait de plus en plus urgente. Car, au rythme actuel, la généralisation du préscolaire ne pourrait par exemple devenir effective qu’à partir de 2028. Quant à la loi-cadre sur l’éducation, elle est encore bloquée au Parlement en raison de calculs politiciens. Un coup de fouet royal pour accélérer la machine de la réforme dans ce domaine ne serait pas de trop.

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