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Cet article est issu du dossier «Maroc : 1999-2019, ces vingt premières années de règne de Mohammed VI qui ont tout changé»

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Religion

Maroc – Dix réalisations phares : soft power religieux (3/10)

SM le Roi, Amir Al-Mouminine, et Sa Sainteté le Pape François visitent l'Institut Mohammed VI de formation des Imams

SM le Roi, Amir Al-Mouminine, et Sa Sainteté le Pape François visitent l'Institut Mohammed VI de formation des Imams © MAP

Les changements sont tangibles dans de nombreux domaines depuis l'accession au trône de Mohammed VI, en juillet 1999. Avec pour maîtres mots la modération et la tolérance, le royaume a façonné un islam du juste milieu, « à la marocaine », qui fait aujourd'hui figure de référence.

C’est dans l’un de ses discours de 2004 que le roi Mohammed VI, commandeur des croyants, a posé les premiers jalons d’une réforme du champ religieux. Une stratégie globale et multidimensionnelle a ainsi été déployée pour consacrer la modération et la tolérance, qui ont toujours composé l’ADN de l’identité religieuse du royaume (islam malékite), et barrer la route à toute velléité d’extrémisme, ainsi qu’au terrorisme.

L’un des chantiers les plus importants était la réforme du ministère des Habous et des Affaires islamiques. Un département qui, depuis 1955, veille à l’organisation administrative du champ religieux au Maroc, mais dont la gestion et l’organigramme, obsolètes, devaient être renouvelés. Un autre volet stratégique a porté sur l’uniformisation des fatwas, afin de couper court aux amalgames nés d’interprétations de l’islam.

Le Conseil supérieur des oulémas est ainsi devenu la seule institution autorisée à en émettre et à traiter des questions de jurisprudence religieuse. Le principe de concertation est resté de mise, avec la moderni­sation d’institutions comme la Rabita Mohammadia des oulémas, ou encore l’établissement Dar El Hadith El Hassania.

Sécularisation des imams

Pour préserver l’unité religieuse de la Oumma, une charte des oulémas a permis de « requalifier » les imams et les prédicateurs de façon à préserver la religion du juste milieu et de veiller sur la sécurité spirituelle des Marocains.

La « laïcisation » des imams, ou sécularisation, a également été instaurée : toute appartenance à des mouvements politiques ou à des instances privées leur est interdite, et, en contrepartie, plus de moyens leur sont alloués pour accomplir leurs missions. La mosquée a par ailleurs retrouvé sa vocation première de lieu de culte et d’apprentissage à travers un plan de mise à niveau, alors que, avant les attentats de 2003, la gangrène de l’obscurantisme et de l’officieux semblait s’y propager.

L’effort d’encadrement a été également concrétisé par la création de l’Institut Mohammed-VI pour la formation des imams, qui accueille chaque année des étudiants d’Europe et d’Afrique pour qu’ils s’imprègnent de « l’islam à la marocaine », tout en capitalisant sur le patrimoine religieux partagé, depuis douze siècles, avec les pays du Sahel et d’Afrique occidentale. Ce modèle de renouveau du champ religieux, qui consacre une exception marocaine, est à la fois apprécié et reconnu, ainsi que l’a souligné le pape François lors de sa visite au royaume à la fin du mois de mars.

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