Dossier

Cet article est issu du dossier «Maroc : 1999-2019, ces vingt premières années de règne de Mohammed VI qui ont tout changé»

Voir tout le sommaire
Politique

[Edito] Maroc : Mohammed VI et ses 35 millions de citoyens

Par

François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, arrivant à la Chambre des Représentants pour l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire, le 12 octobre 2018 à Rabat (image d'illustration). © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

La moindre des choses, dira-t-on, est qu’en deux décennies un pays progresse. La moindre des choses est aussi de le reconnaître, ce qui n’est pas toujours le cas en ce qui concerne le Maroc. Pourtant, l’évidence s’impose : de 1999 à 2019, le royaume de Mohammed VI s’est progressivement et irrémédiablement transformé.

Le Maroc s’est modernisé tout d’abord, à tous points de vue : économique, infrastructurel, administratif, culturel et sociétal. Démocratisé ensuite : inclusion des femmes dans le jeu politique, essor de la vie associative, transparence électorale, respect du résultat issu des urnes. Décrispé aussi, tant les rapports entre l’État et la population comme entre cette dernière et la police sont en rupture avec la culture de la peur qui prédominait il y a vingt ans. Africanisé, enfin, par l’ouverture de son action diplomatique et économique en direction du sud d’un continent trop longtemps négligé sous le règne précédent.

Chantier permanent

Cette métamorphose est une sorte de chantier permanent où tout n’avance pas au même rythme. Dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la lutte contre la corruption et de la réduction des inégalités, le travail accompli par les gouvernements successifs – et, au-delà, par une classe politique en déficit d’imagination, d’audace et de réactivité – est loin d’avoir toujours été à la hauteur des enjeux.

Faute d’emplois ou, plus exactement, d’adéquation entre la formation et le marché du travail, le désir d’émigration demeure vif au sein de la jeunesse. Et il a fallu qu’à plusieurs reprises le souverain dresse publiquement le constat de ces insuffisances pour que la gouvernance du royaume prenne conscience de ses responsabilités.

Monarchie exécutive

Car si le Maroc a changé, ses fondements essentiels demeurent et, parmi eux, la latitude laissée au roi d’intervenir directement dans le champ politique et de corriger ce qui doit l’être. Outre l’islam malékite et l’intégrité territoriale, le caractère sacré de la monarchie exécutive – si difficile à comprendre pour les non-Marocains – n’est contesté que par une petite minorité d’islamistes radicaux, de militants d’extrême gauche, d’irrédentistes rifains ou de séparatistes sahraouis.

Mohammed VI a su faire évoluer l’institution et remplacer l’usage de la coercition par l’habileté des choix

Pas plus qu’à l’époque de Hassan II, le régime n’est donc aujourd’hui menacé. Pas plus et moins encore, car Mohammed VI a su faire évoluer l’institution et remplacer l’usage de la coercition par l’habileté des choix. À sa mort, en juillet 1999, Hassan II commandait 28 millions de sujets. Vingt ans plus tard, son fils règne sur 35 millions de citoyens.

Lire les autres articles du dossier

«Maroc : 1999-2019, ces vingt premières années de règne de Mohammed VI qui ont tout changé»

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte