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Politique

Maroc : les travaux d’un roi, dix réalisations phares de 1999 à 2019

Le Tramway de Casablanca, Place des Nations Unies.

Le Tramway de Casablanca, Place des Nations Unies. © Guillaume Molle/Jeune Afrique/2013.

Évolutions sociétales, réformes politiques, aménagement territorial, rayonnement diplomatique… Les changements sont tangibles dans de nombreux domaines depuis l’accession au trône de Mohammed VI, en juillet 1999. Bilan d’étape non exhaustif.

« Nous souhaitons que le Maroc, sous notre règne, aille de l’avant sur la voie du développement et de la modernité, et qu’il accède au troisième millénaire, doté d’une vision prospective, en parfaite cohabitation et en entente réciproque avec nos partenaires… » C’est ce que promettait Mohammed VI aux Marocains le 30 juillet 1999, jour de son intronisation.

Deux décennies plus tard, le Maroc du troisième millénaire apparaît en effet plus moderne et développé, mais aussi plus démocratique. L’arrivée sur le trône, à l’âge de 35 ans, de l’héritier de Hassan II a cristallisé les attentes d’un Maroc qui a enclenché une alternance démocratique depuis 1998, avec la nomination d’un gouvernement dirigé par le socialiste Abderrahmane Youssoufi.

Plus de démocratie

Après la parenthèse technocratique du gouvernement de Driss Jettou (de 2002 à 2007), Mohammed VI a privilégié la nomination du parti arrivé en tête dans les urnes, au terme d’un processus électoral transparent. Ce principe élémentaire de la démocratie était impensable à l’ère de Hassan II – lequel, dans l’une de ses punchlines devenues légendaires, se vantait de détenir le pouvoir de nommer son chauffeur comme Premier ministre.

La désignation d’un chef de gouvernement ayant la légitimité des urnes a été consacrée par une nouvelle Constitution qui a accordé des pouvoirs plus étendus à l’exécutif tout en désacralisant la personne du roi. C’est que, à la différence de Hassan II, qui imposait une crainte paternelle à son peuple, Mohammed VI se prête volontiers aux bains de foule, sort des circuits balisés des cortèges royaux et prend des selfies avec des Marocains lambda.

Il est plus populaire et fédérateur, même dans les moments les plus délicats. Et les épreuves n’ont pas manqué. Attentats terroristes, mouvements sociaux, crises diplomatiques, surenchères sur l’affaire du Sahara… À chaque fois, la monarchie a réagi en engageant des réformes de fond. Ce style de gouvernance a conféré au royaume une stabilité politique qui le caractérise dans sa région, malgré toutes les difficultés socio-économiques.

Un si lourd héritage

Surnommé « roi des pauvres », Mohammed VI a lancé, en 2005, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), dont il a eu l’idée au cours d’une visite dans un orphelinat de Casablanca. Même s’il n’a pas pu résorber tous les déficits sociaux, ce programme transversal a fait baisser le niveau de pauvreté générale dans le royaume. Mais le développement humain et la lutte contre les disparités restent des chantiers permanents, tant l’héritage est lourd et les défis sont énormes.

Quant aux agglomérations du royaume, elles respirent la modernité. On peut désormais circuler en bus électrique à Marrakech ou en tramway à Rabat. Un TGV relie Casablanca à Tanger en deux heures dix chrono, alors qu’il y a vingt ans, le même périple s’apparentait à un voyage exotique… Les distances entre Maroc « utile » et Maroc « inutile » tendent à se réduire, avec un réseau autoroutier plus étoffé.

Le royaume de Mohammed VI a enfin pu faire valoir son positionnement géostratégique dans le détroit de Gibraltar, avec le complexe portuaire Tanger Med. Fort de cette situation aux portes de l’Afrique, Mohammed VI a pu ériger la coopération Sud-Sud comme modèle de développement. Le royaume a consolidé ses relations bilatérales avec différents pays du continent et retrouvé sa place dans l’Union africaine – qu’il avait quittée en 1984. Il a renforcé ses liens avec ses partenaires traditionnels d’Europe ou du Moyen-Orient et a élargi ces efforts diplomatiques à de nouveaux espaces, comme la Russie, la Chine et certains pays d’Amérique latine. Tous considèrent aujourd’hui le Maroc comme un acteur de poids sur le plan international. Et observent avec intérêt ses modèles dans divers domaines – notamment sécuritaire, religieux et migratoire.

Repères - Économie dynamique, progrès sociaux mitigés

Repères - Économie dynamique, progrès sociaux mitigés © JA

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