Politique

Algérie – Noureddine Bahbouh : « La balle est dans le camp du pouvoir »

Noureddine Bahbouh, ex-ministre de l'Agriculture et ancien président du groupe parlementaire du RND. © SAMIR SID

Pour sortir de la crise algérienne, Noureddine Bahbouh, ex-ministre de l'Agriculture et ancien président du groupe parlementaire du RND, plaide pour un dialogue franc et responsable, incluant notamment des représentants du mouvement populaire n’ayant pas fait partie du système Bouteflika.

Jeune Afrique : Comment expliquer l’impasse politique ?

Noureddine Bahbouh : Parlons plutôt d’un manque de célérité dans la prise de décisions adéquates par le pouvoir pour ouvrir le dialogue et adopter une feuille de route négociée avec l’ensemble des partenaires politiques. Deux raisons essentielles sont à l’origine de cette situation. La première est liée aux choix des personnalités nationales qui auront à gérer le dialogue.

La seconde concerne la réponse aux exigences du mouvement populaire et de l’opposition relatives aux mesures d’apaisement et à l’éloignement des représentants de l’ancien pouvoir toujours en place. Notamment le gouvernement Bedoui, nommé par Bouteflika et son frère.

Comment sortir de la crise ?

Par un dialogue franc, serein et responsable, incluant tous les partenaires politiques, syndicalistes et associatifs, ainsi que des représentants crédibles du mouvement populaire n’ayant pas fait partie du système Bouteflika. Ce dialogue, dirigé par des personnalités nationales indépendantes, crédibles et connues pour leur engagement patriotique, et surtout acceptées par l’ensemble des partenaires, doit permettre de débattre de l’organisation de l’élection présidentielle.

Le fait que ni les représentants de l’État ni l’institution militaire ne soient parties prenantes du dialogue et de l’organisation des prochaines échéances électorales est un gage de réussite. Les points essentiels sont la date des élections et la nature de la haute autorité chargée de les organiser, ainsi que ses prérogatives. Sans oublier l’amendement des lois ayant trait à cette échéance. Il restera par la suite aux différents partis politiques d’assumer leurs responsabilités respectives.

Quel rôle doit jouer l’opposition ?

Dans sa diversité, elle s’est de tout temps acquittée de son rôle. Elle n’a jamais cessé, malgré les difficultés et les entraves, de dénoncer les dérives du pouvoir. Comme elle a dénoncé l’institutionnalisation de la corruption. Aujourd’hui, après plus de deux mois de contacts, de réunions et de négociations, une grande partie de l’opposition, de concert avec des représentants de la société civile, a réussi à adopter une plateforme de sortie de crise.

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