Politique

Cameroun – Christian Tumi : « Ceux qui prétendent que je suis séparatiste se trompent »

Interview Cardinal Christian TUMI, Douala, Cameroun le 21 juin 2019.© Max Mbakop pour JA © Max MBAKOP TCHIKAPA pour JA

Le cardinal camerounais Christian Tumi, n’est pas homme à mâcher ses mots, pas même lorsqu’il parle du président Paul Biya, lequel s’est toujours méfié de lui. Inquiet pour son pays, il a accepté de se confier à Jeune Afrique.

C’est dans sa maison nichée au fond des jardins de la cathédrale de Douala, au cœur d’un archidiocèse dont il est resté l’archevêque émérite, que Christian Tumi nous a reçus. Sa grande taille ploie sous le nombre des années – il a fêté ses 88 ans –, mais sa voix est toujours aussi forte lorsqu’il s’agit d’évoquer les crises qui secouent son pays.

Depuis des mois, le cardinal essaie de fédérer les anglophones pour dialoguer avec le pouvoir. Mais le président Paul Biya se méfie de cet ecclésiastique républicain et fédéraliste, qui ne l’a jamais ménagé. Il n’est pas plus enclin au dialogue que les séparatistes qui lui font face, radicalisés et partisans de la lutte armée. Christian Tumi, qui n’a jamais craint de prêcher dans le désert, poursuit néanmoins la mission de paix qu’il s’est assignée. À ses risques et périls.

Jeune Afrique : Vous tentez, depuis plusieurs mois, d’organiser une conférence générale des anglophones. Pourquoi ?

Christian Tumi : La conférence n’est pas un but en soi. Ce que nous voulons, c’est informer les Camerounais de ce qui se passe dans les régions anglophones. Nous pensons que beaucoup l’ignorent, y compris le président Paul Biya. Et puisque les anglophones se plaignent, nous avons décidé de leur donner la parole, à travers une consultation qui a été le plus large possible pour qu’ils nous disent ce qu’ils veulent et ce qu’ils proposent comme solution.

Nous espérons ensuite pouvoir rencontrer Paul Biya en personne pour lui transmettre les résultats que nous aurons obtenus, puis lui proposer d’organiser un dialogue national. Ce sera à lui d’en dessiner les modalités. S’il veut le présider lui-même, qu’il le fasse. L’essentiel est que cela ait lieu !

Cet article est réservé aux abonnés

Déjà abonné ?

Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital
Accès à tout le site web - 2 applis - 1 édition digitale - 2 newsletters

(sans engagement, résiliez à tout moment)

(payez en une fois et profitez de 2 mois offerts !)

1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital !

  • + d'analyses
  • + d'informations exclusives
  • + de débats
  • + d'historique (2 ans d'archives)
  • + d'avant-première (accès 24h avant la publication)
  • + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters)

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte