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Littérature – Marc Alexandre Oho Bambe : du mot à l’image et du son au mot

L’auteur Marc Alexandre Oho Bambe a été marqué par l’Suvre d’Aimé Césaire et de René Char.

L’auteur Marc Alexandre Oho Bambe a été marqué par l’Suvre d’Aimé Césaire et de René Char. © Philippe MATSAS/Leemage

Livre d’art total, « Fragments »,de Marc Alexandre Oho Bambe, alias Capitaine Alexandre, est un long poème assorti de visuels et d’une bande originale.

Même lorsqu’il répond à une interview, Marc Alexandre Oho Bambe ne peut s’empêcher de slamer. Cette forme de poésie orale, il la définit comme une « indiscipline artistique » qui correspond à son tempérament frondeur. Une « évidence amoureuse » pour celui qui a toujours rêvé de devenir écrivain et « d’inscrire modestement » ses pas et ses mots dans les pas et les mots de ceux qu’il considérait comme ses professeurs d’espérance.

En premier lieu, sa mère, professeure de lettres et de français au Cameroun, qui disparaît prématurément. Aimé Césaire, ensuite, « sa première claque poétique ». Et puis le résistant René Char, dont Marc Alexandre a même repris le surnom : Capitaine Alexandre. « Ces lectures ont changé radicalement mon rapport à la littérature », confie, à l’occasion du Festival de Fès des musiques sacrées, le lauréat du prix Paul Verlaine 2015 de l’Académie française pour le recueil de poésie Le Chant des possibles.

Je ne suis ni poète ni slameur ; je me contente de porter ma parole de manière vivante et vibrante

Le jeune homme de 16 ans se passionne durablement pour les mots : l’origine, son enfance au Cameroun, bercée par la littérature. Inspiré par le rap, il commence à écrire de la poésie classique qu’il partage au travers du slam. « Je ne suis ni poète ni slameur ; je me contente de porter ma parole de manière vivante et vibrante. »

Pour poursuivre ses rêves et fuir le vide laissé par la mort de sa mère, Capitaine Alexandre part de Douala à l’adolescence pour s’installer en France. « J’ai quitté le Cameroun, mais le Cameroun ne m’a jamais quitté », insiste-t-il. « Douala, ce sont les berges du Wouri de ma mémoire, mais aussi le lieu où j’ai poussé mon premier cri de poésie. »

Symbole de ce lien indéfectible, le quadragénaire est le parrain du Festival international Quartier Sud au Cameroun et a créé une fondation visant à nourrir des « rêves d’écriture » dans le pays. « Je reçois des leçons d’humilité à chaque fois que je retourne à Douala, à Abidjan ou à Dakar. Malgré des contextes économique et politique difficiles, les jeunes continuent de créer leurs propres utopies. Ils sont porteurs d’un feu que rien ne pourra éteindre. », affirme cet afro-optimiste.

Leçon d’humanité

Même si Capitaine Alexandre compte nombre de publications à son actif, il réfute le terme « professionnel ». « Je suis un éternel amoureux des mots. J’écris seulement quand mon cœur bat la chamade ou la charade. » Et quand on l’interroge sur ses sources d’inspiration, il répond : « J’ai l’Afrique dans les veines, l’Afrique dans les gènes, c’est une histoire d’ADN, et tant pis si ça gêne », en référence à son recueil de textes intitulé ADN : Afrique diaspora négritude.

Fragments, Marc Alexandre Oho Bambe, Bernard Chauveau éd., 96 p., 28 euros

Une leçon d’humanité qu’il poursuit avec Fragments. Cet « ouvrage littéraire non identifié » s’appuie sur une bande originale composée par Alain Larribet, Français spécialiste des instruments ethniques, et sur les images de l’artiste contemporain pop Fred Ebami, d’origine camerounaise. Le texte-fleuve invite quant à lui à revenir au poème que « nous portons toutes et tous en nous ».

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