Sécurité

Cameroun : comment la police suisse a dompté la garde de Paul Biya

Des policiers suisses face aux gardes du corps du président camerounais Paul Biya, à Genève, le 26 juin.

Des policiers suisses face aux gardes du corps du président camerounais Paul Biya, à Genève, le 26 juin. © Source : RTS

Un règlement à l’amiable a été négocié entre la police suisse et la délégation camerounaise pour parvenir à l’arrestation à Genève des six membres du service de sécurité de Paul Biya, depuis condamnés pour l’agression d’un journaliste suisse.

Dans la matinée du 2 juillet, des policiers suisses ont fait le siège de l’hôtel InterContinental de Genève, où logeait Paul Biya depuis le 23 juin.

Mandatés par le procureur général Olivier Jornot, ils intervenaient à la suite d’une plainte pour « contrainte et appropriation illégitime » d’objets personnels qu’avait déposée Adrien Krause – journaliste de la RTS, agressé le 26 juin alors qu’il était venu couvrir les manifestations de la diaspora – et interpellaient toute personne semblant appartenir à la Sécurité du président camerounais.

Règlement à l’amiable

Le soir venu, les deux parties sont convenues d’un règlement à l’amiable : la police fournissait les photos des personnes recherchées, et la délégation camerounaise s’engageait à les leur livrer. C’est ainsi que six membres de la Délégation générale de la recherche extérieure ont été arrêtés. Présentés en comparution immédiate à un juge, ils ont écopé de peines avec sursis.

La veille des faits ayant provoqué l’intervention de la police helvétique, des activistes camerounais se faisant passer pour des responsables ivoiriens avaient tenté de s’infiltrer dans l’hôtel, d’où les gardes du corps de Paul Biya les avaient refoulés.

À la suite de ces incidents, l’ambassadeur du Cameroun à Berne a été convoqué au ministère suisse des Affaires étrangères. Les autorités helvétiques ont également exprimé leur souhait que cela ne se reproduise plus. Alors que l’on annonçait une nouvelle mobilisation des opposants pour le 6 juillet, le président camerounais a préféré écourter son séjour et quitter Genève la veille pour ne pas en faire un terrain d’affrontement entre pro et anti-Biya.

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