Politique

RDC : Faure Gnassingbé a tenté d’apaiser les tensions entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila

Le président Félix Tshisekedi (à g.) et son prédécesseur, Joseph Kabila, à Kinshasa, le 24 janvier. © Jérôme Delay/AP/SIPA

Face aux tensions qui persistent entre le président Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, le président togolais Faure Gnassingbé, en visite à Kinshasa début juillet, en a profité pour jouer les conciliateurs entre les deux hommes.

Ulcéré par l’invalidation de l’élection de vingt-trois députés et de deux sénateurs issus de la coalition Lamuka (regroupant les formations de Moïse Katumbi, de Jean-Pierre Bemba ou encore de Martin Fayulu) au profit de membres du Front commun pour le Congo (FCC), de Joseph Kabila, Félix Tshisekedi a demandé des explications au président de la Cour constitutionnelle le 17 juin.

Benoît Lwamba Bindu pourrait-il subir les foudres du président, qui estime que plusieurs juges ont été corrompus ? « Ce n’est pas exclu, répond l’un de ses conseillers. Lwamba se défausse habilement sur d’autres membres de la cour, mais c’est lui leur patron et c’est lui qui a validé ces décisions iniques. » Le 4 juillet, dix-neuf des vingt-trois députés ont été rétablis dans leurs fonctions.

La question de la formation du gouvernement

Autre sujet de dissension entre Tshisekedi et Kabila : la formation du gouvernement. Les négociations achoppent sur le choix des titulaires des ministères de souveraineté (Défense, Intérieur, Affaires étrangères, Justice). Si Tshisekedi accepte qu’ils n’appartiennent pas forcément à son camp, il veut avoir le dernier mot. Or, d’après la présidence, les négociateurs qu’envoie le FCC sont parfois les candidats en personne…

La nomination des patrons et des présidents des conseils d’administration d’entreprises, dont la Gécamines et la Société nationale des chemins de fer du Congo, suscite aussi des crispations. Les dernières ordonnances de Tshisekedi, nommant ces nouveaux responsables, ont provoqué la colère du FCC, qui n’a pas été consulté. Kabila a donné ordre à Wivine Mumba Matipa, ministre du Portefeuille (et membre de son parti) de bloquer l’application de ces ordonnances, ce qu’elle a fait.

Gnassingbé en médiateur

Faure Gnassingbé contribuera-t-il à apaiser les tensions ? À l’invitation de son homologue, le président togolais s’est rendu à Kinshasa pour une visite de travail du 2 au 4 juillet. Selon nos sources, il en a profité pour jouer les conciliateurs entre les deux têtes de l’exécutif congolais, avec qui il s’est entretenu successivement. « Faure », qui était déjà venu en mars à Kinshasa, est proche, entre autres, de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du chef de l’État congolais.

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