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L’ex-président Abdoulaye Wade en allant rejoindre le comité directeur du PDS à Dakar, le 13 février 2019. © Sylvain Cherkaoui pour JA

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Série : la vie après le pouvoir

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RDC : Joseph Kabila, le gentleman-farmer

La vie après le pouvoir (3/6). Joseph Kabila est loin d’avoir quitté la politique. Mais c’est désormais depuis son immense domaine de Kingakati, son autre passion, que l’ancien chef de l’État congolais tire les ficelles. Visite guidée.

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Par - à Kinshasa
Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15:49

L’ex-président congolais Joseph Kabila s’est toujours senti plus à son aise dans cette arche de Noé privée que dans l’anarchique Kinshasa. © John Wessels/AFP

Pour les automobilistes de Kinshasa, le boulevard Lumumba est un cauchemar. Depuis plusieurs mois, des travaux encombrent cette artère reliant le centre-ville de la capitale congolaise à son aéroport. À terme, ils doivent permettre de fluidifier la circulation, mais, pour l’instant, ils piègent surtout les passagers des heures durant. Le 29 mai, c’est un convoi plus spécial qui s’y est frayé un chemin en pleine journée : quatre éléphants d’Afrique, chargés dans deux conteneurs. Direction : la ferme de Kingakati, propriété de l’ancien président Joseph Kabila.

Dans ce domaine situé à 50 km à l’est de la ville, l’ancien chef de l’État a fait construire, lorsqu’il était encore au pouvoir, une vaste résidence secondaire plantée d’arbres et de lampadaires. Un ensemble de huit bâtiments posés sur un plateau dominant la vallée de la rivière N’Sele. Ces dernières années, Kabila avait coutume d’y réunir ses collaborateurs pour parler stratégie.

Mais depuis qu’il a quitté la présidence, en janvier, il a fait de cette immodeste demeure sa résidence principale. Le 4 mars, il y a reçu son successeur, Félix Tshisekedi. Désormais chef de la majorité parlementaire, il continue d’y réunir les responsables politiques qui lui sont restés fidèles, et ils sont nombreux : le 1er mai, ce sont les gouverneurs de province du Front commun pour le Congo (FCC) qui y ont été conviés ; le 22 juin, c’était au tour des sénateurs de cette coalition. Mais rares sont ceux qui ont pu pénétrer dans ses appartements privés.