Justice

Algérie : Lakhdar Bouregaa, un héros au cachot

Le moudjahid Lakhdar Bouregaa. © Ryad KRAMDI/AFP

Son incarcération renforce les craintes quant à la répression impitoyable à laquelle s’exposent tous ceux qui tiennent tête aux autorités. Lakhdar Bouregaa, 86 ans, ancien maquisard et grand baroudeur depuis l’Indépendance, a été incarcéré dimanche 30 juin à Alger.

Quarante-huit heures auparavant, Lakhdar Bouregaa affirmait, lors de l’une de ces sorties publiques tonitruantes dont il est coutumier, que le pouvoir avait déjà le nom du futur président et qu’il cherchait à le légitimer via une élection présidentielle à laquelle il ne prêtait pas de crédit.

Procès en illégitimité

Le petit-fils de Bouregaa estime que son grand-père paie pour ses propos contre le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, homme fort du pays depuis la chute de Bouteflika. Officiellement, le moudjahid est poursuivi pour « outrage à corps constitué et atteinte au moral de l’armée ». À cette incarcération s’est ajouté un affront de la télévision officielle, laquelle a affirmé que l’ancien maquisard a usurpé l’identité d’un héros de la guerre de libération et qu’il était en réalité un collaborateur de l’armée française.

Farouche opposant depuis 1963, Bouregaa a été emprisonné une première fois en 1967 pour tentative d’assassinat contre le président Boumédiène. Libéré en 1975, il est resté extrêmement critique à l’égard des autorités de son pays et s’est impliqué dès les premières heures dans le mouvement révolutionnaire en cours.

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