Mines

Tanzanie : entre Barrick Gold, Acacia Mining et l’État, un poker minier à trois joueurs

De g. à d., Mark Bristow, directeur général de Barrick Gold, John Magufuli, président de la République de Tanzanie, et Peter Geleta, directeur général d'Acacia Mining. © Montage JA

Alors qu'Acacia Mining, miné par un redressement fiscal pharaonique, est dans l'impasse en Tanzanie depuis plus de deux ans, Mark Bristow, le patron de Barrick Gold, a tenté de reprendre en main les négociations avec Dar es-Salaam. Mais la partie s'est révélée plus compliquée que prévu.

Mark Bristow, le fondateur de Randgold, dont il a orchestré la fusion avec le géant canadien Barrick Gold, pensait que la partie serait plus facile en Tanzanie. Après avoir pris la tête du nouvel attelage, en janvier 2019, le patron sud-africain, qui a misé avant tout le monde sur le développement de la filière aurifère en Afrique de l’Ouest francophone, puis en RDC, affirmait être, du fait de son expérience, le plus à même de résoudre le conflit dans lequel s’était enlisé Acacia Mining.

Frappée en mars 2017 par un embargo sur les exportations de concentré (premier produit transformé du minerai d’or) de ses mines de Bulyanhulu et Buzwagi, puis par un redressement fiscal pharaonique de 190 milliards de dollars, signifié par le président John Magufuli en personne, cette filiale de Barrick est dans l’impasse depuis plus de deux ans.

Un bourbier d’où il faut sortir

Alors que le gouvernement tanzanien refusait de parler directement avec le management d’Acacia, piloté par Peter Geleta, Mark Bristow a repris en main les négociations au niveau de Barrick, rencontrant le président Magufuli à Dar es-Salaam. Au terme de ces discussions dont étaient exclus Geleta et ses équipes, Barrick a proposé de racheter sans prime les 36 % de parts d’Acacia dont il n’était pas propriétaire, en prélude à une résolution du différend qu’il se faisait fort d’obtenir des autorités.

Mais, le 24 juin, Acacia a rejeté l’offre de sa maison mère au motif que celle-ci profiterait de la situation pour acquérir le reste du capital à prix cassé, et réclamé que les autorités acceptent de traiter directement avec lui et non pas avec Barrick. Peter Geleta et ses actionnaires minoritaires ont encore jusqu’au 9 juillet pour accepter l’offre de Mark Bristow.

S’ils persistent dans leur refus, Acacia comme Barrick continueront de s’enfoncer dans ce bourbier. Une solution pourrait passer par la Chine, où plusieurs groupes étudient la possibilité de reprendre les parts de Barrick dans Acacia. Mais aucune transaction ne sera validée tant que le gouvernement n’aura pas entériné l’opération.

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