Mode

Saargale, le concept-store d’Adama Paris qui profite aux créateurs africains

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 12 novembre 2019 à 15h52
L'espace Saargale, à Paris, a été inauguré en mai 2019.

L'espace Saargale, à Paris, a été inauguré en mai 2019. © Mario Epanya

La Sénégalaise Adama Paris a inauguré en mai son tout premier concept-store à Paris. Pour exposer sa marque de vêtements, mais aussi les réalisations de stylistes africains qu’elle apprécie.

«Made in Africa by African. » C’est le slogan de Saargale (« rendre hommage », en wolof), le concept-store qu’a ouvert Adama Paris, en mai, dans la capitale française. « Cette idée me trottait dans la tête depuis longtemps. Je ne voulais pas d’une boutique qui mette seulement en avant ma marque, mais d’un endroit dont puissent profiter les créateurs que j’aime », souligne la styliste dakaroise, en ajoutant que le choix de Paris s’est imposé de par son statut de capitale de la mode. Quant au viaduc des Arts, dans le 12e arrondissement, elle a attendu deux ans pour pouvoir s’y installer.

Ce sont une vingtaine de créateurs africains que l’on retrouve au sein de l’espace de 137 m², organisé sur deux niveaux : Xüly Bet, Bouswari, Sisters of Afrika, Berberism, Marché Noir, Parfait Ikouba, Sakia Lek, Ousmane Mbaye Design, Issakha Cissokho Meuble, Mario Epanya, etc. Un ensemble de stylistes, de maroquiniers, de bijoutiers, mais aussi de designers de mobilier ou de photographes.

On y découvre aussi des livres d’art et des produits cosmétiques, comme la gamme de soins marocaine Nectarome, ou du café produit au Burundi (BujaCafé). Il y en a donc pour toutes les bourses, d’une vingtaine à quelques centaines d’euros. Les objets les plus chers sont, sans surprise, le mobilier (3 500 euros pour un canapé Ousmane Mbaye, par exemple). « À terme, on voudrait installer une terrasse à l’extérieur, permettre aux visiteurs de prendre un café, voire faire de Saargale un espace de coworking », affirme Adama Paris.

« Tous ensemble au sommet, c’est mieux que de regarder seule, d’en bas, ce qui fait tourner le monde », souligne l’entrepreneuse Adama Paris.

« Tous ensemble au sommet, c’est mieux que de regarder seule, d’en bas, ce qui fait tourner le monde », souligne l’entrepreneuse Adama Paris. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Mode éthique et durable

Outre un concept-store, Saargale est aussi une marque lancée en collaboration avec des artisans du continent. Ainsi peut-on y mettre la main sur du mobilier conçu par des artisans sénégalais, des écharpes ou du tissu bogolan confectionné au Mali, des bijoux touaregs ou des objets de décoration éthiopiens, comme des bouteilles tissées.

« Je voulais mettre en lumière les artisans, qui occupent une place centrale dans le monde de la mode. Sur ma chaîne, Fashion Africa TV, je lancerai prochainement une série de reportages sur les artisans de Saargale. » Ces derniers touchent un pourcentage sur la vente des objets.

Pour le reste, Adama Paris achète un petit nombre de pièces à chacun des créateurs présents dans le concept-store. « Il s’agit de proposer de la mode éthique et durable en petite quantité. » Budget ? Motus et bouche cousue.

Londres, Milan et New York dans le viseur

D’ici à cinq ans, la créatrice voudrait ouvrir d’autres espaces à Londres, à Milan et à New York. Et dans le courant de ce mois, Saargale prendra place au sein de l’établissement Onomo de Casablanca. « Ce partenariat s’étendra à toutes les villes où la chaîne hôtelière est présente, c’est-à-dire à Dakar, à Abidjan, à Conakry et à Johannesburg. »

Si la tendance du concept-store s’étend sur le continent, Adama Paris affirme que, contrairement à des lieux comme Alara, à Lagos, elle a toujours voulu vendre l’Afrique hors du continent. « On y a de superbes espaces – qui, pour la plupart, sont tenus par des femmes – mais mon cheval de bataille reste d’ouvrir notre marché sur l’extérieur. »

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte