Politique

RDC : plus rassembleur et plus prudent, le nouveau Jean-Pierre Bemba

À son arrivée à l’aéroport de Kinshasa, le 23 juin. © ALEXIS HUGUET/AFP

Depuis son acquittement par la CPI, en 2018, l’ex-chef rebelle et ancien vice-président n’est plus le même. Réputé impulsif, il tait désormais ses aversions et se pose en rassembleur de l’opposition.

C’était il y a treize ans. Une éternité dans la vie politique congolaise, et plus encore dans celle de Jean-Pierre Bemba. À l’époque, il n’avait troqué le treillis pour le costume de vice-président que depuis quelques années. Il n’avait pas encore perdu ses réflexes de chef de guerre. Sa défaite contre Joseph Kabila lors de la présidentielle de 2006, il ne la digérait pas. La reconnaissance de la victoire de son adversaire par la communauté internationale, encore moins. Cet homme d’1,90 m, qui ne se privait pas de houspiller les ambassadeurs occidentaux à Kinshasa, avait livré bataille dans les rues de la capitale avec le Mouvement de libération du Congo (MLC), qui n’avait pas encore totalement désarmé.

Son arrestation en Belgique deux ans plus tard et son extradition vers la Cour pénale internationale (CPI) n’ont pas arrangé ses relations avec les Occidentaux. Il était persuadé d’avoir été la victime d’un complot ourdi à Bruxelles, notamment par Louis Michel, alors commissaire européen à la Coopération internationale et père de l’actuel Premier ministre, Charles Michel. Peut-être Bemba, 56 ans aujourd’hui, en est-il encore convaincu. Mais depuis son spectaculaire acquittement par la CPI, en 2018, il s’abstient de faire état de ses soupçons. Ses dix années de détention, passées à travailler son dossier, à peindre et à discuter avec ses codétenus, l’auraient-elles changé ?

C’est un homme apparemment nouveau qui est sorti du pénitencier de Scheveningen, le 12 juin 2018. En privé, plusieurs semaines durant, il répète qu’une alliance avec Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi est indispensable pour vaincre le candidat de Kabila à la présidentielle de décembre. « Je l’ai trouvé mûri et assagi », témoigne un diplomate qui a jadis croisé sa route. « Disons que, maintenant, il est capable d’écouter », grince un autre.

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