Politique

RDC : Jean-Pierre Bemba, un empire jadis très diversifié

Jean-Pierre Bemba, à son retour à Kinshasa, le 23 juin 2019.

Jean-Pierre Bemba, à son retour à Kinshasa, le 23 juin 2019. © REUTERS/Kenny Katombe

Avions confisqués, navire de passagers détruits, propriétés immobilières dégradées… Jean-Pierre Bemba réclame 70 millions d’euros à la Cour pénale internationale (CPI), dont 42,4 millions au titre de la perte de valeur de son patrimoine.

Au titre de la compensation pour les dommages subis du fait de ses dix années de détention, Jean-Pierre Bemba réclame près de 70 millions d’euros à la Cour pénale internationale (CPI). Pas moins de 4,2 millions d’euros sont demandés pour couvrir ses frais de justice, et 22 millions au titre du préjudice moral pour lui et sa famille (il promet de reverser cette somme aux victimes centrafricaines de la guerre civile, dans laquelle sa rébellion était impliquée). Les 42,4 millions d’euros restants correspondent à la perte de valeur de son patrimoine du fait de sa saisie ordonnée par la CPI.

Avions, immeubles, voitures…

Les documents, très détaillés, que ses conseils ont fournis à l’appui de leur demande donnent la mesure du petit empire économique qu’il gérait à l’époque. Sept avions lui appartenant ont été confisqués, dont six à l’aéroport de Ndjili, en RD Congo (un Boeing 727, un 707, un Grumman 159, un HS 125 et deux Antonov 26), et un à Faro (un Boeing 727), où Bemba résidait, protégé par cinq policiers portugais depuis qu’un homme soupçonné de vouloir l’assassiner avait été arrêté dans cette ville portugaise.

Selon la défense de Bemba, ces appareils, dont la valeur totale est estimée à plus de 15 millions de dollars et qui rapportaient, selon le modèle, entre 12 000 et 4 000 dollars par heure de vol en location, ont tous été rendus inutilisables. Les six avions stationnés à Kinshasa ont été saisis et détruits par la Régie congolaise des voies aériennes. Celui de Faro, resté immobile et sans entretien sur une piste bordant la mer, ne peut plus voler en raison de la corrosion et n’est pas réparable. L’aéroport réclame également à Bemba plus de 700 000 euros d’impayés pour stationnement.

L’opposant possédait en outre un bateau sur le fleuve Congo – qui faisait les allers-retours entre Kinshasa et sa province de l’Équateur –, lui aussi détruit par les autorités congolaises. Sa valeur est estimée à 1,2 million d’euros. L’opposant affirme par ailleurs que les dommages causés à ses propriétés immobilières (deux villas au Portugal, détenues au travers de sociétés offshore, une en Belgique et trois au Congo, dont une à La Gombe) se chiffrent à 11 millions d’euros.

Enfin, douze véhicules lui appartenant avaient été saisis, dont une Porsche Cayenne, une Nissan Armada et une Audi Q7 au Portugal, ainsi que deux Toyota Land Cruiser et une Mercedes 500 V8 au Congo.

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