Le port autonome et la ville de Djibouti., en 2015 (illustration). © Vincent Fournier/JA

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Djibouti : la métamorphose d’un carrefour géostratégique

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Politique

Djibouti : la CNC, la gardienne de l’information

Trois ans après sa création, la Commission nationale de la communication (CNC) continue de lutter pour le pluralisme de l’information à Djibouti. Reconnue pour son indépendance, la commission présidée par Ouloufa Ismaïl Abdo a même réussi à s’imposer face à certains caciques de la majorité présidentielle.

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Par - Envoyé spécial à Djibouti
Mis à jour le 26 juin 2019 à 09:04

La présidente de la Commission nationale de la communication, Ouloufa Ismaïl Abdo. © Patrick Robert

À Djibouti, la CNC, ce n’est pas du cinéma. La Commission nationale de la communication a pour mission « d’assurer le pluralisme de l’information et un accès équitable aux médias », explique sa présidente, Ouloufa Ismaïl Abdo, et de veiller à la liberté informatique.

Créée en 2016, la commission et les neuf membres qui la composent ont passé leur baptême du feu lors des élections législatives de février 2018. Depuis la mise en place du multipartisme, en 1992, c’était la première fois qu’un organisme était chargé de contrôler le temps de parole des différents candidats dans les journaux de la télévision publique.

Indépendance

Et la CNC a exécuté sa tâche « avec succès », estime un an plus tard sa présidente : « La communauté internationale a reconnu notre impartialité et l’opposition, la qualité de notre travail. » La façon dont la commission a su s’imposer face à certains caciques de la majorité présidentielle, peu au fait des nouvelles règles du jeu démocratique, n’a fait que souligner son indépendance, donc sa crédibilité.

Pour ce premier test, elle a réussi à maintenir une équité non seulement partisane, mais également géographique, en tenant compte des particularités communautaires et linguistiques de chacune des six régions.

À nous de rester vigilants lors de chaque élection

Des chantiers à venir

Maintenant qu’elle a fait ses preuves, le plus dur commence peut-être pour la CNC. « À nous de rester vigilants lors de chaque élection », reconnaît Ouloufa Ismaïl Abdo, qui insiste pour que le gouvernement complète le cadre légal de la commission et surtout étende ses missions à la radio, qui reste le média de référence dans les campagnes.

Trois textes sont actuellement en discussion, traitant du pluralisme politique dans les médias, de la déontologie de l’information et de l’attribution de la carte de presse. Car les compétences de la CNC lui permettent également d’encadrer le secteur journalistique, pour mieux le professionnaliser et l’émanciper du pouvoir politique. Le premier chantier porte sur la réforme de la Radiodiffusion Télévision de Djibouti (RTD), déjà en cours, pour renforcer l’opérateur public avant d’ouvrir, plus tard, le marché à des médias privés.