Politique

Bénin : Patrice Talon peut-il se réconcilier avec le Nord, acquis à Thomas Boni Yayi ?

Au palais de l’Élysée, à Paris le 5 mars 2018. © Blondet Eliot-POOL/SIPA

Élu en grande partie grâce aux régions du Sud, dont il est originaire, le président béninois Patrice Talon ne parvient pas à convaincre l’autre moitié du pays, toujours acquise à son prédécesseur, Thomas Boni Yayi.

Ce 12 novembre 2016, à Sèmèrè, une ville du département de la Donga, dans le nord du Bénin, Patrice Talon fend la foule dans une tunique au blanc scintillant. Abdoulaye Bio-Tchané, son ministre du Développement, un enfant du pays, se tient à ses côtés. Les notables de la région se sont déplacés. Des cavaliers en tenue d’apparat leur font une haie d’honneur.

Investi quelques mois plus tôt, le chef de l’État effectue ce jour-là son premier déplacement dans le Nord depuis son élection. « Je suis arrivé à Sèmèrè à l’occasion de notre réconciliation. Je dis “notre” car tout ce qui divise la communauté divise forcément une partie du pays », déclare alors Patrice Talon. S’il fait, à ce moment précis, référence à la crise qu’a récemment connue la ville lors de la désignation du nouvel imam central (des affrontements ont fait plusieurs morts), ses propos trouvent un écho beaucoup plus large tant sa visite est symbolique.

Gagner les cœurs du Nord

Originaire du Sud, le nouveau président sait qu’il doit gagner les cœurs des populations du Nord. Largement élu, avec 64 % des suffrages, il a construit l’essentiel de sa victoire dans le Sud et a réalisé des résultats bien moins convaincants dans le septentrion.

Y compris dans le bassin cotonnier, où il a bâti une partie de son empire lorsqu’il était un homme d’affaires à plein temps, ne s’imposant face à Lionel Zinsou, son adversaire au second tour, que dans deux départements : l’Atacora, fief de feu le président Mathieu Kérékou, et la Donga, bastion de Bio-Tchané. Fort du soutien de Thomas Boni Yayi, Zinsou avait, de son côté, réalisé de très bons scores dans le Borgou, l’Alibori et les Collines, ce dernier département faisant la jonction entre le Nord et le Sud.

Plus de deux ans après son élection, Patrice Talon n’a toujours pas réussi à s’imposer dans le Nord. Pis, le rejet de sa personne s’y exprime désormais violemment. Lors des législatives du 28 avril, alors qu’une majorité de Béninois avait décidé de ne pas se rendre aux urnes (le taux de participation fut de 22,99 %), le vote a été perturbé dans plusieurs villes et villages.

Vous êtes à présent connecté(e) à votre compte Jeune Afrique, mais vous n'êtes pas abonné(e) à Jeune Afrique Digital

Cet article est réservé aux abonnés


Abonnez-vous à partir de 7,99€pour accéder à tous les articles en illimité

Déjà abonné ?

Besoin d'aide

Vos avantages abonné

  1. 1. Accèdez en illimité à l'ensemble des articles sur le site et l'application Jeuneafrique.com (iOs & Android)
  2. 2. Bénéficiez en avant première, 24 heures avant leur parution, de chaque numéro et hors séries Jeune Afrique sur l'application Jeune Afrique Le Magazine (iOS & Android)
  3. 3. Recevez la newsletter économie quotidienne réservée aux abonnés
  4. 4. Profitez de 2 ans d'archives de Jeune Afrique en édition numérique
  5. 5. Abonnement sans engagement de durée avec l'offre mensuelle tacitement renouvelable*

*Service uniquement disponible pour les abonnements à durée libre.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte