Agroalimentaire

Face-à-face : fin du rapprochement entre Francis Nana Djomou (Tagidor) et Ignasi Ricou (GB Foods)

De g. à d. : Francis Nana Djomou (PDG de Tagidor) et Ignasi Ricou (PDG de GB Foods).

De g. à d. : Francis Nana Djomou (PDG de Tagidor) et Ignasi Ricou (PDG de GB Foods). © JA

Alors qu’un conglomérat camerounais prévoyait de créer une coentreprise (AGFI), le projet a été mis à l’arrêt, Francis Nana Djomou, PDG de Tagidor et membre du conglomérat, n’ayant pas déboursé la moitié du capital d’AGFI, selon Ignasi Ricou, le PDG de GB Foods.

Le partenariat noué en 2013 avec le conglomérat camerounais regroupant Biopharma et Euro Cosmetics (cosmétiques), Elim Beverages (boissons gazeuses), Tagidor Garden (tourisme et hôtellerie), AGFI (bouillons culinaires) et Foodis (distribution de produits alimentaires) prévoyait la création d’une coentreprise (AGFI) et un investissement de près de 4 milliards de F CFA (6 millions d’euros) pour installer une usine de fabrication de bouillons culinaires à Bekoko, à la sortie ouest de Douala. En attendant sa concrétisation, GB Foods avait mis un stock de bouillons de la marque Jumbo à la disposition de Foodis.

Mais rien ne s’est passé comme prévu, Francis Nana Djomou n’ayant pas déboursé, selon GB Foods, la moitié du capital d’AGFI, provoquant l’arrêt du projet.

Des « pourparlers » en cours ?

L’argument est balayé par la partie camerounaise, qui impute le divorce à un changement de stratégie du groupe espagnol. Il aurait d’ailleurs récupéré les parts de GB Foods dans AGFI pour un euro symbolique.

Francis Nana Djomou conteste également avoir toujours une dette commerciale à l’égard des Espagnols, ces derniers prétendant n’avoir pas récupéré la totalité des quelque 750 millions de F CFA dus.

Francis Nana Djomou nie avoir intenté une action contre le groupe ibérique mais admet des « pourparlers »

L’affaire aurait été portée devant le tribunal de commerce de Paris ; le chef d’entreprise camerounais réclamerait près de 35 milliards de F CFA à son ex-partenaire pour rupture abusive de contrat. Francis Nana Djomou nie avoir intenté une action contre le groupe ibérique mais admet des « pourparlers » pour trouver un accord, bien qu’il refuse d’en dire davantage pour ne pas nuire aux négociations en cours.

Précisions

En réponse à cet article Francis Nana Djomou, PDG de Tagidor, nous envoie la mise au point suivante :

« Pour le groupe TAGIDOR, les raisons de l’échec du projet avec GB FOODS résident dans la non-atteinte des résultats espérés (la perte d’une bonne partie de son chiffre d’affaires) suite au changement effectué à la tête de la filiale africaine du groupe ibérique, ce qui présageait, de leur part, l’arrêt des projets industriels sur l’Afrique.

Il serait, par conséquent, inexact voire inconséquent de dire que l’arrêt du projet est du à la non-libération du montant du capital de AGFI par le groupe TAGIDOR. Et nous en profitons pour lever toute équivoque sur ce point : la libération des parts de TAGIDOR dans AGFI a été totale.

Le rachat par TAGIDOR des parts de GB FOODS à 1 euro s’inscrivait dans la logique du nouvel accord industriel qui devait aboutir à la création d’AGFI. Aussi, la décision de faire racheter à 1 euro était une volonté délibérée et unilatérale de GB FOODS, qui ne nous a laissé aucune marge de discussion à ce sujet.

Nous réitérons le fait que pour l’instant nous n’avons engagé aucun recours contentieux contre GB FOODS devant les tribunaux ou les arbitres. Effectivement, dans le cadre de la démarche amiable, au début de la négociation, nous avions demandé 35 milliards de dommages-intérêts. Ce montant a été réduit à la baisse, et d’ailleurs, les négociations demeurent en cours avec GB FOODS sur ledit point. »
 

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