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Cet article est issu du dossier «Franc CFA : ce qui doit changer»

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Économie

[Infographie] Franc CFA : les personnalités qui animent le débat

Manifestation hostile au franc CFA, sur la place de l’Obélisque, à Dakar, en septembre 2017. © SEYLLOU/AFP

Dominique Strauss-Kahn, Alassane Ouattara, Kako Nubukpo, Kémi Seba, Lionel Zinsou... Il y a ceux qui se dressent contre ce qu'ils qualifient de « monnaie coloniale », et ceux appellent à la réforme. Qui défend quoi ?

Pas si facile de s’y retrouver dans le débat sur le franc CFA. Entre les gardiens du temple et les partisans de la table rase, des réformistes – eux-mêmes rarement d’accord entre eux – tentent de se faire entendre.

© JA


La parole aux patrons :

• André Siaka, ancien patron des Brasseries du Cameroun, PDG de Routd’Af Cameroun

« La fixité du taux de change s’accommode mal des variations des termes de l’échange. Bien qu’une partie importante du commerce extérieur se fasse avec les pays de la zone euro, les matières premières, qui constituent l’essentiel des exportations de la zone franc, sont généralement libellées en dollars. »

• Walid Loukil, directeur général adjoint du groupe tunisien Loukil

« Pour un homme d’affaires tunisien, il est presque impossible de travailler avec les pays qui utilisent le franc CFA. Pour des transactions avec la Tunisie, ces derniers sont obligés d’ouvrir des lettres de crédit en dollars ou en euros, surtout en euros puisque le franc CFA y est arrimé. Cette monnaie n’a presque aucun intérêt pour nous. »

• Jean-Louis Billon, ex-ministre ivoirien du Commerce

« Dans sa configuration actuelle, le franc CFA ne traduit pas la compétitivité des économies de sa zone. Il faut corriger sa rigidité. »

• Mark Kamgaing, patron de Harvest Asset Management, Cameroun

« L’arrimage à l’euro fait subir au franc CFA les fluctuations de la monnaie européenne. Quand celle-ci est forte, le franc CFA se trouve surévalué par rapport à d’autres monnaies internationales. Ce qui a un effet négatif sur la compétitivité des pays qui l’utilisent, comme l’a montré la disparition de l’industrie textile ouest-africaine, victime de la concurrence asiatique. »

• Youssef Omaïs, PDG de Patisen, Sénégal

« Il faut unifier la zone franc par l’instauration d’une monnaie unique et l’étendre à d’autres pays d’Afrique. À défaut, il faudrait au moins rétablir la pleine convertibilité et la liberté de transfert entre les monnaies de l’Umoa et de l’Umac. »

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