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Cet article est issu du dossier «Franc CFA : ce qui doit changer»

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Économie

Franc CFA, un terreau propice aux mensonges, infox et rumeurs

Billets de francs CFA de l'Afrique centrale. © Vincent Fournier/JA

Sujet particulièrement passionnel, le débat sur la sortie du franc CFA entraîne dans son sillage bon nombre de fantasmes et contre-vérités, essentiellement quant au rôle de la France dans le fonctionnement et les finances des deux zones monétaires africaines.

Au mois de janvier, Facebook s’est enflammé à la suite de la publication d’un article largement partagé dans lequel une source anonyme affirmait que la France était prête « à une réaction militaire et nucléaire » contre les pays africains qui renonceraient au franc CFA.

La poussée de fièvre a été aussi brutale qu’éphémère : il est vite apparu que l’« information » provenait d’un site parodique nommé Africa24.info. Elle a toutefois été prise au sérieux par nombre d’internautes, preuve que le sujet est sensible et propice à la diffusion de fausses rumeurs.

Parmi celles qui reviennent le plus fréquemment :

  • La France siège dans les instances dirigeantes des banques centrales des deux zones CFA et y possède un droit de veto

La France est effectivement représentée au conseil d’administration et au comité de politique monétaire de la BEAC et de la BCEAO, en tant que pays garantissant la convertibilité des monnaies communes. Il y a ainsi un Français et huit Africains au conseil d’administration de la BCEAO ; deux Français et douze Africains à celui de la BEAC. Chacun dispose d’un droit de vote, mais les statuts ne prévoient aucune possibilité de veto. Les décisions sont prises à la majorité simple, sauf sur quelques rares questions où l’unanimité est requise (la modification des statuts, notamment).


>>> Vidéo : La polémique sur le Franc CFA… expliquée en 2 minutes


  • La France s’approprie 15 % des billets en CFA qu’elle imprime

Les billets sont effectivement imprimés à Chamalières, en Auvergne. Mais, avant d’être mis en circulation, ils doivent recevoir un numéro et être signés par le président de la banque centrale de la zone concernée. La France n’aurait donc aucun intérêt à conserver des coupures sans valeur légale.

  • Le CFA permet à la France de financer sa dette

Cette idée vient notamment du fait que les pays utilisant le CFA doivent déposer 50 % de leurs réserves à la Banque de France (le taux était de 85 % avant 2005).


>>> À LIRE : Franc CFA : le fantasme des comptes d’opérations


Mais, cet argent peut être retiré à tout moment, et le placement est rémunéré à un taux supérieur à celui que proposent actuellement les marchés financiers : 0,75 %. L’idée selon laquelle la France ferait fructifier l’argent déposé par les pays africains n’a pas davantage de sens, surtout en cette période où les taux d’intérêt fixés par les grandes banques centrales sont nuls, voire négatifs.

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