Transports

Liaison ferroviaire Abidjan-Ouaga : Bolloré hésite à signer

Vincent Dabilgou, ministre burkinabè des Trasnports, et Quentin Gérard, directeur général de Sitarail © Montage JA

Quentin Gérard, directeur général de Sitarail, filiale du groupe Bolloré qui exploite le chemin de fer entre Abidjan et Ouagadougou, attend beaucoup du prochain sommet consacré au Traité d’amitié et de coopération ivoiro-burkinabè, qui se tiendra en juillet à Bobo-Dioulasso.

Les autorités des deux pays ont prévu de répondre à ses doléances concernant la mise en œuvre de la Convention de concession révisée (CCR) de la ligne.

En avril, le dirigeant a fait part de ses inquiétudes et tenté d’obtenir davantage de garanties, alors que son entreprise doit débourser 400 millions d’euros d’investissement pour réhabiliter la voie ferrée. Quelque 852 km de voies doivent être intégralement changés. La signature du contrat, déjà validé par les deux États, avait dû être reportée.

Dans un document, Quentin Gérard pointe notamment la concurrence du projet ferroviaire Ouaga-Accra (le Burkina et le Ghana sont en train de sélectionner l’entreprise pour les travaux) comme mettant en péril l’équilibre financier de la concession.

Sitarail est une filiale du Groupe Bolloré qui en détient 67 %, la Côte d'Ivoire et le Burkina en sont également actionnaires (15 % chacun). © DR

« Pas de renégociation » pour le gouvernement burkinabè

Si Bolloré veut faire évoluer le contrat, cela ne peut se faire qu’au niveau technique, réagit pour sa part le ministre burkinabè des Transports, Vincent Dabilgou. Selon lui, la liaison ferroviaire avec le Ghana n’est pas une nouveauté et est même reconnue par la Cedeao comme un projet intégrateur.

Si le transport du manganèse en provenance du gisement de Tambao (l’un des plus importants au monde) ne constitue pas une condition de la viabilité de la ligne, il ne peut toutefois être garanti à Bolloré.


>>> À LIRE – Liaison ferroviaire Abidjan-Ouaga : Bolloré s’inquiète de la rentabilité du projet


C’est au groupe français qu’il incombera de s’entendre avec le futur repreneur de la mine – auparavant propriété de la société Pan African Minerals de Frank Timis –, qui n’est pas encore connu. Pour les autorités burkinabè, le contrat de concession ne saurait être renégocié en profondeur, et l’on se prépare déjà à l’éventualité de devoir trouver un autre partenaire.

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